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Archives 2010

Une vérité en tension (éditorial d’EdY n° 18)

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Nous sommes au cœur des événements qui se manifestent en notre pays à propos de la retraite. À l’heure où j’écris cet éditorial, je ne sais comment va se poursuivre cette crise. La réalité est complexe. Les avis divergent. Au-delà de la question de savoir si l’on va trouver du carburant pour sa voiture, nous sommes tous invités à mesurer les enjeux de ce problème de société. Nous ne pouvons le réduire à une difficulté économique. Cela engage les réalités du temps libre, des loisirs, de la créativité personnelle, de la qualité de vie, des conditions et des rythmes du travail, de la vie associative, du tourisme, de l’art, de la culture, de la vie de famille, etc.

En fait, à tout âge, tout le monde est concerné par le style de vie que proposent les structures de la société. Sont-elles des lois au service du respect de la dignité de chaque être humain ou un rouleau compresseur aveugle emporté par des exigences simplement économiques ? La vérité ne se trouve-t-elle pas toujours en tension entre ses deux pôles ?

Il s’agit toujours de savoir qui nous somme et - pour employer un grand mot - quelle est l’anthropologie qui détermine nos choix. Qu’est-ce qu’être homme ou femme, jeune ou enfant en ce monde ? Éternelles questions que se posent toutes les sagesses, philosophies ou théologies du monde. Les croyants la retrouvent dans le psaume : « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? » (Ps 8,5)

C’est à partir de là que nous pouvons envisager notre façon de nous engager dans la vie de la société. Chrétiens, à la suite du Christ, Verbe incarné, nous ne pouvons être spectateurs passifs de la vie sociale ou politique. Les modalités d’engagement peuvent être plurielles. Elles sont infiniment respectables dans leur diversité si elles désirent servir un progrès pour une qualité de vie vraiment humaine pour tous les hommes et pour tout homme. J’ai toujours un grand respect pour l’engagement de celles et ceux qui sont partie prenante dans la vie associative, économique, syndicale ou politique pour défendre la dignité de l’homme, de la femme et de la famille. Un chrétien ne peut que s’engager dans le creuset de la vie sociale pour bâtir un monde selon le cœur de Dieu. Ainsi l’écrivait Charles Péguy : « le spirituel lui-même est charnel ».

En filigrane, derrière les événements, on parle déjà des élections à venir. À ce propos, je voudrais déjà redire l’importance du vote. Nous avons la chance d’être dans un pays démocratique. C’est l’honneur de notre histoire de France. Or, lors des derniers votes, il y a eu une proportion énorme d’abstentions. C’est à chaque citoyen adulte qu’est donnée la possibilité de choisir ceux et celles qui vont justement faire les lois. Nous pouvons élire ceux qui représentent nos idées. Nous sommes dans un état de droits. Je n’aimerais pas qu’une immaturité politique s’installe sournoisement en notre pays. Affaire à suivre !

+ Yves Patenôtre

 

 

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