Les messages des cartes de vœux sont souvent remplis d’espérance. Ils donnent des nouvelles. Ils retissent les liens de l’amitié. Et nous sommes toujours déçus lorsqu’ils sont formels et anonymes.
J’aimerais vous souhaiter à tous une belle et sainte année. Avec une bonne santé pour ceux et celles qui sont les plus fragiles. Je souhaite que grandisse notre amitié avec le Christ. Il est le visage humain de Dieu parmi nous et Il nous donne tout son Souffle pour vivre l’unique commandement de l’Amour. C’était le thème de la belle homélie de notre Pape Benoît lors de la Messe de minuit : « Ce Dieu dont on ne doit faire aucune image, parce que toute image ne pourrait que l’amoindrir, et même le déformer, ce Dieu s’est rendu, Lui-même, visible en Celui qui est sa véritable image … Il nous invite à devenir semblables à Lui …ne recourrant qu’aux seules armes de la vérité et de l’amour ».
Cette année, le diocèse propose une lecture suivie de l’Évangile de Saint Luc. Il ne nous faut pas laisser passer cette proposition : « Ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ » écrivait Saint Jérôme. Le devenir de l’Église en notre société sécularisée repose sur la qualité de sa relation au Christ. Non pas pour former un monde d’initiés indifférents aux réalités du monde, mais pour être, au cœur du monde, des disciples qui vont offrir une transfiguration du monde dans le Souffle de Son Amour. Depuis l’Incarnation du Verbe fait chair, tout ce qui est chair est matière du Royaume de Dieu.
C’est dans cet esprit que l’année sacerdotale pourra être fructueuse. Il ne s’agit pas de s’enfermer sur une réflexion sur le prêtre, homme séparé du monde, mais de comprendre comment les prêtres, dans leur diversité, sont au service de la mission du Peuple de Dieu pour le monde. C’est une vocation passionnante, au plus fort sens de ce terme, parce qu’elle rejoint la passion du Christ pour que le monde ait la vie.
Cette année verra la promulgation des Orientations diocésaines. Elles devraient permettre à notre Église dans l’Yonne d’être missionnaire en toutes ces composantes. L’Église n’est pas faite pour elle-même. Dès son origine, à sa création, elle a été envoyée pour l’annonce de la Bonne Nouvelle au monde. La qualité de notre Église se mesurera à sa capacité d’être parole audible pour le monde d’aujourd’hui. Nous ne pouvons simplement reproduire des formes du passé. Nous risquerions d’être tout simplement insignifiants.
En terminant cet éditorial en forme de vœux, je désire vous rejoindre chacun et chacune là où vous en êtes de votre route personnelle. Parfois, et heureusement, ce sont de grands moments de bonheur et de joie, un amour qui s’ouvre à la vie, une naissance, une belle réussite humaine. Nous vivons hélas aussi des moments de peine, de surprise douloureuse, d’interrogations ou de deuils. Retenons bien que dans toutes nos nuits, comme au cœur d’une certaine nuit de Noël, peut toujours surgir une lumineuse clarté qui, dans un monde de pesanteurs et de grâces, peut prendre le visage d’une espérance à visage humain. Que le Seigneur vous bénisse et vous garde.
+Yves Patenôtre