Il n’est pas très facile de parler de l’Esprit Saint ! En général, on reprend les comparaisons de la Bible : « il est comme une colombe, comme le vent, comme le feu… » Il existe pourtant un moyen qui nous en dit beaucoup plus : c’est de regarder comment il agit dans nos communautés et dans nos vies. Nous pourrons voir alors que l’Esprit Saint est un incorrigible optimiste, capable de transformer un échec en réussite. Comme on dirait aujourd’hui : il positive toujours.
C’est un peu ce que saint Luc a voulu nous montrer en écrivant les Actes des apôtres. Ainsi, au chapitre 8, après le martyre de saint Étienne : il nous rapporte la souffrance de la première communauté chrétienne de Jérusalem dans la persécution qui oblige les chrétiens à quitter la ville et à se disperser aux alentours. Voilà bien un échec qui met la communauté chrétienne dans une situation difficile. Et c’est alors que l’Esprit Saint pousse ces chrétiens exilés à annoncer la Parole là où ils sont : les Samaritains se convertissent grâce à la prédication de Philippe, qui est venu en Samarie pour fuir la persécution. Ainsi, à cause de la persécution et de l’obligation de quitter Jérusalem, d’autres peuples découvrent l’Évangile ! D’un échec et d’une souffrance, l’Esprit Saint a fait naître une nouvelle prédication.
Souvent, ce que nous vivons dans nos communautés ressemble un peu à cette situation : nous sommes confrontés à certains échecs, dans nos tentatives de renouveler nos équipes, de faire grandir le nombre d’enfants inscrits à la catéchèse, dans nos efforts pour rendre l’assemblée dominicale plus nombreuse et plus vivante… Saurons-nous écouter l’Esprit Saint qui est à nos côtés et qui nous pousse à ne pas abandonner et parfois à nous lancer dans une nouvelle manière de faire ?
L’autre soir, dans une réunion de catéchistes, l’une d’entre elles expliquait la difficulté qu’elle rencontrait avec un village. Jusqu’à présent il n’y avait que très peu d’enfants de ce village au catéchisme. Or, voici que maintenant plusieurs enfants sont venus s’inscrire pour l’année prochaine. Mais ils sont venus seuls, sans leurs parents… Bien sûr, la catéchiste a pris contact avec les parents pour leur demander leur accord ; mais il est plus que probable qu’ils ne sont pas prêts à accompagner leur enfant, ni à venir à une rencontre de parents. Il est certain que nous nous trouvons là devant une situation anormale et pas vraiment souhaitable. Mais, devant cela, j’ai vu le groupe de catéchistes se réjouir que les enfants aient eux-mêmes exprimé ce désir de la catéchèse, et se mettre à inventer pour la rentrée un moyen que des adultes de la communauté puissent “parrainer” ces enfants. Là où l’on pourrait avoir la tentation de “laisser tomber” puisque les parents s’en désintéressent, voici que l’Esprit nous pousse dans des voies nouvelles.
Vous trouverez dans ce numéro plusieurs récits sur des manières bien différentes de témoigner de sa foi : depuis la manière dont des chrétiennes et chrétiens essayent de témoigner dans leur quartier, jusqu’aux rassemblements de jeunes, en passant par l’aide aux malades et handicapés. Certaines situations sont difficiles et peuvent être décourageantes : l’Esprit Saint peut en faire des situations où une nouvelle annonce de la Parole devient possible.
Robert Lechien
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