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Travail le dimanche : la part du pauvre

Nicolas Sarkozy vient de réaffirmer sa volonté que l’examen du texte sur l’extension du travail dominical débute dès la semaine prochaine. Si ce texte devait être voté en l’état, le Secours Catholique s’inquiète que les conséquences d’un tel choix ne deviennent pour beaucoup de salariés - parmi lesquels nombre de travailleurs pauvres et de mères seules - un véritable handicap supplémentaire plutôt qu’une réelle opportunité d’amélioration de leur situation déjà difficile.

Dans son dernier rapport statistique annuel « Familles, enfances et pauvreté », l’association soulignait une fois encore les enjeux majeurs concernant la vie de plus en plus difficile des familles monoparentales et des travailleurs pauvres. En 2007, ces situations étaient de plus en plus fréquentes dans les accueils du Secours Catholique. Ce sont bien ces mêmes personnes qui forment aujourd’hui une large part des salariés qui pourraient être concernés demain par le travail dominical.

Si ce projet vise en partie à relancer la consommation des français, quel impact aura-t-il pour les dizaines de milliers de femmes seules chefs d’une famille composée d’un ou plusieurs enfants. Elles représentent une part importante des 61% de femmes qui occupent aujourd’hui un emploi de caissière, souvent à temps partiel, pour un salaire qui oscille de 600 à 900 Euros, à peine plus que le seuil de pauvreté (880 Euros). Malgré les amendements visant à ne pas « généraliser le travail le dimanche », il y a fort à craindre que les pressions sur des salariées déjà fragilisées ne contraignent rapidement leur liberté de choix, les enfermant encore un peu plus dans ces emplois précaires.

Par ailleurs, au-delà d’un enjeu économique, cette loi semble ignorer totalement les difficultés quotidiennes que rencontrent ces femmes, pour qui l’éducation de leurs enfants est parsemée d’obstacles majeurs. Qui veillera sur eux lorsque leur mère sera sur son lieu de travail ces fameux dimanche ? Quel impact sur ce lien familial, pour des enfants déjà bien souvent « sur responsabilisés » dans la gestion du quotidien, tout au long de la semaine ?

Ainsi le rapport 2007 du Secours Catholique soulignait encore que les enfants accueillis par les équipes de l’association craignaient plus que tout la dislocation de leur univers familial.

Dans cette fuite en avant au travailler plus pour consommer plus, il y a fort à craindre que les plus faibles risquent bien, à nouveau, d’être les grands perdants d’une société qui, à travers un tel projet, ne leur laisserait que la part du pauvre.

15 décembre 2008

 

Des sites qui en parlent :

Des chrétiens s’unissent pour réaffirmer l’importance de respecter ce jour de liberté, pour un bon équilibre de la vie en société : le diocèse d’Angers vient de créer un site spécial consacré à cette question. Vous y trouverez une proposition concrète d’engagement et de nombreux documents qui alimenteront votre réflexion.

Texte du cardinal Barbarin : dans son édition du 3 décembre 2008, Le Monde publie une tribune du cardinal Philippe Barbarin au sujet du repos dominical.

Sur le site de Conférence des évêques de France

Une note de Mgr Guy de Kérimel, évêque du diocèse de Grenoble.

À propos du travail du dimanche : un message de Mgr Lucien Fruchaud, évêque du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier.

 

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