Comme la graine de moutarde...
Rencontre avec Agnès, une néophyte (personne baptisée récemment)
Agnès, pourrais-tu nous dire comment t’est venue l’idée du baptême ?
Agnès : J’ai toujours voulu être baptisée. À 5 ans, j’avais déjà choisi ma marraine, qui, effectivement l’est devenue... à 28 ans ! Mes parents n’ont pas souhaité me faire baptiser, préférant me laisser le choix pour plus tard. Mais j’avais des copines qui allaient au catéchisme, et j’allais parfois avec elles à l’église.
Et ensuite ?
A : Le vrai déclic a été la naissance de mon fils et son baptême. Je voulais être capable d’élever chrétiennement mes enfants et, pour cela, je me devais de faire aussi la démarche. J’en ai parlé au prêtre de ma paroisse. C’est lui qui m’a parlé du catéchuménat. Je pense aussi, mais je n’en ai eu conscience que plus tard, que la mort de mon père a été également un élément déclenchant. Au moment de cette épreuve, je me souviens avoir senti comme une présence, un encouragement. J’avais besoin d’un soutien spirituel.
Comment as-tu vécu ton cheminement ?
A : Mon accompagnatrice venait me voir deux fois par mois, à la maison. Nous avons fait connaissance. J’ai pu poser toutes sortes de questions et être écoutée. J’en avais grand besoin. Nous avons partagé toutes sortes de choses, sur notre vie, sur la vie en général, sur la souffrance, sur la mort, sur les événements d’actualité, sur des reportages télévisés, j’ai toujours aimé regarder les émissions religieuses, les pèlerinages, etc. Les questions ne manquaient pas !
Au travers de tout cela j’ai découvert peu à peu la place de l’Évangile, de la Parole de Dieu dans la vie des chrétiens, et c’est ainsi que le Christ a pris sa place dans la mienne.
Vous n’aviez pas de programme ?
A : Pas au début. Mais par la suite, nous avons travaillé sur le parcours Chemin de Foi, avec toujours pas mal de digressions ! Je participais aussi aux réunions du grand groupe avec les autres catéchumènes, les accompagnateurs et le prêtre. J’ai ainsi découvert que je n’étais pas seule, et j’étais heureuse de partager mes découvertes avec d’autres. J’ai aussi participé aux rassemblements diocésains. J’ai bien apprécié : on nous écoute et on écoute.
Tu as connu des difficultés ?
A : J’ai trouvé le temps un peu long... J’allais à la messe, mais je ne pouvais pas participer à l’Eucharistie et je m’impatientais. Je dois dire toutefois que j’étais bien accueillie à la paroisse. Le prêtre faisait tout pour que l’on apprenne à se connaître. J’avais hâte de participer à la vie de l’Église. On me dit encore aujourd’hui que j’aimais répéter : « quand je serai baptisée, je ne resterai pas sur mon banc ! » Je trouvais, en effet, les chrétiens un peu trop passifs, pas assez dynamiques !
Et de fait, après ton baptême ?
A : Nous étions 6 à être baptisés à la Veillée pascale. Par la suite, j’ai souvent été sollicitée pour donner mon témoignage, soit au cours de la messe, soit pour les enfants du catéchisme. Moi qui étais timide, je me suis soudain découverte pleine d’assurance. J’ai assez vite intégré l’équipe liturgique de la paroisse, mais finalement, j’ai choisi de m’engager comme catéchiste auprès des enfants. Je fais également partie du Conseil pastoral et je m’occupe de l’éveil à la foi. Cela fait beaucoup, et c’est parfois difficile. J’ai maintenant 4 enfants, et mon mari n’est pas croyant... J’ai ensuite préparé ma confirmation pendant un an avec un groupe.
Et la prière ?
A : J’ai commencé à prier en faisant prier mon fils. J’ai participé pendant un temps à un groupe de prière, cela m’a aidé. Mais je dois dire qu’il y a des hauts et des bas, des périodes où j’ai plus ou moins envie de prier...
Est-ce qu’il y a une parole d’Évangile qui t’aide plus particulièrement dans ta vie ?
A : Oui : Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, je vous donnerai le repos. (Mt 11, 28).
Que dirais-tu de ta foi aujourd’hui ?
A : Elle est comme la graine de moutarde, elle monte, elle monte !