Veuillez activer le Javascript de votre navigateur s'il vous plaît!

Témoignage d’un prêtre âgé

Le Père Jacques Jeandot a fêté en 2003 ses 50 ans d’ordination. C’est dire qu’il a une longue expérience des sacrements, en paroisse et comme aumônier d’hôpital.

Je peux dire que dans mon ministère, il y a vraiment eu un “avant” et un “après” Vatican II.

Une démarche individualiste

Il y a 50 ans, avant le Concile, on allait à confesse pour être pardonné, ou pour que les péchés soient effacés : c’étaient les formules employées. C’était l’époque de l’absolution reçue par le prêtre dans le confessionnal, et qui attirait dans les églises un grand nombre de fidèles aux approches des grandes fêtes. La démarche, toujours individuelle, était centrée sur le péché dont il faut se libérer pour pouvoir communier. La référence était l’examen de conscience : les commandements de Dieu et de l’Église.

Un temps de réajustement

Avec le Concile, il a fallu opérer un réajustement. Ce fut une période de flottement, avec un certain malaise. Nous-mêmes, prêtres, éprouvions une certaine lassitude. Les confessions se sont raréfiées.

Pour les pénitents, il s’agissait d’apprendre à se reconnaître pécheur non en fonction d’un examen stéréotypé, mais en exprimant ses faiblesses, ses fragilités dans ses responsabilités au service de Dieu et de ses frères.

Pour les ministres de ce sacrement, on passait d’un régime formaliste où on s’occupait parfois de petits détails au récit de choses lourdes, sur des situations difficiles de la vie de couple, de famille, professionnelle, de relations avec les autres... : on ne peut plus confesser comme avant.

Personnellement, il m’a fallu revoir, réajuster :

  • ma façon d’écouter
  • l’approfondissement des Écritures et la manière de les présenter
  • la formule d’absolution (la troisième depuis mon ordination)
  • la dimension communautaire, à travers les célébrations qui ont contribué à l’ouverture et au renouveau de ce sacrement.

Une expérience très riche

Pour nous prêtres aînés, cette période post-conciliaire nous a bousculés sur bien des points, mais elle fut très riche.

Personnellement, différents ministères m’ont permis d’approfondir et d’éclairer le sens du pardon qui absout, efface certes mais libère. L’amour de Dieu redonne vie, remet debout, relève. Tes péchés sont pardonnés. Va ! Avance !

Pour moi, autrefois, confesser ou se confesser, c’était quelque chose de pénible. Aujourd’hui, c’est une Bonne Nouvelle, une libération.

Jacques Jeandot

 

 

Partager cet article


SPIP  |  (c) Diocèse de Sens-Auxerre 2005  |  Dernière mise à jour : 14/05/2012  |  Nous contacter  |  Se connecter  |  Suivre la vie du site  RSS 2.0