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Témoignage d’un jeune prêtre

Le Père Arnaud Montoux est un jeune prêtre en activité dans notre diocèse, il vient d’avoir 30 ans.

Une double expérience

Mon expérience de ministre du sacrement de réconciliation est assez courte ! Mais mon expérience de chrétien recevant et accueillant ce sacrement est un peu plus longue. Et je pense que ma manière de le vivre comme accueillant dit quelque chose de ma manière de le vivre comme ministre. Ce sacrement a été et reste pour moi un lieu à la fois de combat spirituel vif et d’accueil joyeux de la Grâce.

Un véritable temps de refondation

Depuis cet été, j‘ai eu la grâce de le vivre avec un nombre important de chrétiens de manière individuelle ou collective. J’ai été particulièrement marqué par les rassemblements de jeunes. J’en ai vécu trois : à Lourdes, à Taizé, et à Vézelay (rassemblement des scouts d’Europe). J’ai pu expérimenter la joie de participer par ma pauvre disponibilité à ce que le Seigneur attend de moi, à cette rencontre de deux attentes, celle de Dieu et celle de jeunes qui connaissent beaucoup mieux que ce qu’on croit la nécessité de se réconcilier.
J’ai été heureux de voir que, quand la préparation est réelle, pas seulement cérébrale, mais liturgique, le temps de la rencontre personnelle et de l’échange peut être un véritable temps de refondation.

Une démarche pleine de beauté

J’ai été sensible à la beauté de la démarche personnelle : beauté de la confiance, beauté de la recherche de vérité, beauté du désir d’ajuster leur vie au Christ ou au moins à ce qu’ils connaissent de lui ou de l’Évangile...
Beauté aussi de l’étonnement dans lequel nous plonge ce sacrement : étonnement du ministre, qui découvre dans le regard de l’autre qu’un événement important vient d’avoir lieu, étonnement du pénitent devant le don de Dieu...

Des questions

Il subsiste néanmoins pour moi des questions :

  • Question de la difficulté à mettre en place de vraies célébrations pénitentielles qui redonnent une dimension véritablement communautaire. Pour caricaturer : entre le confessionnal bien fermé, verrouillé, et les absolutions collectives, comment vivre sainement ce sacrement en communauté, tout en laissant sa place à la démarche personnelle et unique de chacun ?
  • Et puis, comment des communautés qui semblent avoir oublié que nous avons sans cesse à nous réajuster à la volonté du Seigneur en accueillant sa miséricorde peuvent-elles espérer être missionnaires ?

P. Arnaud Montoux

 

 

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