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Rencontrer la Vérité (éditorial d’EdY n° 5)

Jésus-Christ : Vérité venue habiter notre histoire

La parution du deuxième tome de l’ouvrage "Jésus de Nazareth" du pape Benoît XVI est un événement : un pape théologien commente les Évangiles d’une manière très pédagogique, et montre comment ces textes fondateurs de notre foi nous donnent à rencontrer la Vérité. Cette Vérité n’est pas une idéologie ni une philosophie. C’est une personne — le Christ — Verbe de Dieu venu habiter notre histoire. Le Christ qui assume totalement une véritable vie d’homme et qui affronte les défis à travers lesquels tout homme est appelé à donner un sens à son existence.

Le plus important de ces défis, c’est la rencontre du mal, le combat contre le mal. Le mal qui, dans les récits évangéliques de la Passion, prend la forme de la violence infligée à Jésus par les autorités du temple, violence des puissants qui entraîne la trahison de Judas et qui révèle la lâcheté de Pierre face à cette première épreuve. Confronté au mal, le Christ ne fuit pas. À Gethsémani, il attend résolument la rencontre de ceux qui vont venir l’arrêter. Pourtant, Jésus de Nazareth n’est pas un « surhomme ». Il est un homme qui, jusqu’au bout, se tient dans une attitude d’amour du prochain et de confiance à l’égard du Père.

Sur la croix, tout semble perdu, et pourtant l’amour est le plus fort : l’amour qui conduit le Christ à donner sa vie ; l’amour par lequel le Père le relève, le ressuscite. L’événement de la Passion et de la Résurrection, c’est l’irruption dans l’histoire de l’amour de Dieu, un amour plus fort que la mort. Un amour qui, comme le souligne d’autre part Benoît XVI ne cherche pas à s’imposer : les premiers témoins de la résurrection sont peu nombreux. Quelques femmes et quelques disciples qui ne “pèsent” pas grand-chose dans la société des hommes. La résurrection n’est pas un événement “tonitruant”. Benoît XVI y voit la manifestation d’un Dieu humble qui nous laisse libres de notre réponse.

Passion et résurrection du Christ : dans la célébration de chaque sacrement et particulièrement de l’Eucharistie,nous faisons mémoire du combat du Christ contre le mal, et de sa victoire — la victoire de l’amour. Sommes-nous prêts à nous laisser prendre dans ce “mouvement de l’amour du Christ”, que nous célébrons à chaque messe ? Comme le Christ, nous sommes jour après jour confrontés au mal. D’une manière parfois un peu désespérante. L’Évangile n’apporte pas de réponse au mystère du mal. Il atteste simplement qu’en Jésus-Christ, l’amour “résiste” : alors que les événements du monde et de notre vie peuvent parfois nous laisser l’impression que nous sommes submergés par le mal, l’itinéraire de Jésus de Nazareth nous révèle une vérité qui nous libère : les forces de vie, de paix, de réconciliation, aussi fragiles soient-elles, ont une dimension d’éternité. C’est cette libération définitive que nous célébrons à chaque Eucharistie. C’est cette liberté fondée sur le Christ que nous célébrerons, dans quelques semaines, à Pâques.

P. Olivier Artus, Vicaire général.

 

 

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