Veuillez activer le Javascript de votre navigateur s'il vous plaît!

Rencontre œcuménique au monastère de Bussy en Othe

Le 30 août 2007

À télécharger :

PDF - 244.7 ko
Témoignage du Père Boris Bobrinskoy

Le Père Radu, prêtre orthodoxe, présente le Père Boris Bobrinskoy

JPEG - 9.8 ko
Le Père Radu

Pour présenter le Père Boris, je crois qu’il faut d’abord tenir compte du contexte où il est né et s’est formé. Ce contexte, n’en déplaise à la simplicité naturelle du Père Boris, est très complexe et le parcours du Père Boris se dessine entre l’héritage spirituel et culturel de la Russie tsariste de ses parents et de ses ancêtres et l’Occident. S’il me le permet, pour l’avoir vu aussi bien prier que naviguer sur Internet, je dirai qu’il est l’enfant de cette rencontre féconde entre les valeurs d’une tradition et les défis de l’Occident moderne.

Et je crois que c’est ainsi qu’il se définirait lui-même : attaché, corps et âme, à la tradition de ses pères et essayant de répondre aux questions que le présent pose à cette tradition. Pour beaucoup de ceux de sa génération, la fidélité à la Tradition a pris la forme de ce qu’on appelle dans les cercles théologiques l’École de Paris. Le Père Boris s’y retrouve pleinement. Ce sont les esprits russes de l’émigration qui, autour de l’Institut de Théologie Saint-Serge, en parfaite continuité avec l’Église russe d’avant la Révolution, se réclamant de la tradition religieuse philosophique et théologique russe, ont su élaborer, au XXe siècle, une pensée qui reprend à nouveaux frais la tradition patristique et liturgique de l’Église Orthodoxe. Le Père Boris a connu ici de très près et poursuivi l’œuvre de ses devanciers. Je voudrais signaler que cette démarche est contemporaine de celle du renouveau patristique dans l’Église catholique (par les cardinaux de Lubac, Daniélou, le Père Mondésert) autour de la collection Sources Chrétiennes, d’une part, et du mouvement liturgique (avec les bénédictins Odo Casel, Lambert Beaudouin, Bernard Botte, Olivier Rousseau), d’autre part. Il s’agit d’une même problématique, d’un même questionnement, d’une même critique (« constructive »), d’une même quête, spirituelle et intellectuelle à la fois, qui a été celle des fondateurs de Saint-Serge. En témoignent, entre autres, depuis 1953, les Semaines d’Études Liturgiques de l’Institut Saint-Serge qui regroupent chaque année les meilleurs liturgistes des trois confessions autour d’un thème d’intérêt commun. Si je dois résumer cette démarche de renouveau patristique et liturgique dont le Père Boris est un représentant à part entière, je dirais qu’il s’agit simplement d’un désir et d’un appel à mieux vivre et comprendre aujourd’hui, selon ce que la Tradition nous a légué dans l’Église, la vie spirituelle et liturgique du chrétien. Un besoin de vie et un besoin de conscience de la vie.

Le Père Boris reconnaît avec gratitude devoir beaucoup aux milieux théologiques catholiques et protestants. Il a ainsi poursuivi des études aussi bien en milieu catholique, chez les Pères Jésuites de Namur et de Paris (1937-1944), qu’en milieu orthodoxe, à Athènes (1949-1951) et en milieu protestant, deux ans de recherche à la Faculté de Théologie Protestante de Neuchâtel (1965-1967). Il aime rappeler qu’il a toujours été présent au cœur du dialogue œcuménique : à la Fondation du Conseil Œcuménique en 1948 et aux grands Congrès Œcuméniques : « J’ai appris à connaître, à aimer, à comprendre et à prier avec nos frères catholiques et protestants. »

Le Père Boris rend grâce de pouvoir mener de front la recherche et l’enseignement théologiques, d’une part, et la charge pastorale qui lui a été confiée (et qu’il a désiré, je l’apprends de « source sûre », depuis l’âge de 9 ans), d’autre part. Il est heureux que ce soit son expérience spirituelle personnelle qui nourrit et vivifie son enseignement théologique. Il a ainsi passé sa vie entière entre la crypte francophone de tradition russe de la rue Daru, sa paroisse, et l’Institut Saint-Serge, où il a été d’abord étudiant, ensuite enseignant (pendant 50 ans) et doyen (pendant 15 ans). On peut dire qu’il a consacré sa vie sur l’autel de cette paroisse et de cette école, que son âme les a marquées et a été marquée par elles, inextricablement.

Son principal centre d’intérêt a été la théologie liturgique et sacramentaire. Comme ses amis A. Schmemann et J. Meyendorff, il a cru important d’insister sur la dimension eucharistique de l’Église. Je confesse publiquement, pour ce qui me concerne, que nous goûtons à cette théologie chaque fois que nous célébrons avec lui et que le « presbytre », qui prie pour et avec la communauté, se révèle en lui. Le Père Boris s’est intéressé à la théologie trinitaire et en parle, comme d’un mystère qui se manifeste, encore une fois, au cœur de la liturgie, dans son livre le plus connu Le Mystère de la Trinité. Un autre thème détaillé dans ses recherches - un autre mystère qu’il veut sonder - est celui de l’Esprit. Sa thèse de doctorat porte pour titre : Le repos de l’Esprit sur le Christ. C’est de l’Esprit Saint - que la tradition orthodoxe appelle le Paraclet ou le Consolateur et que le Père Boris appelle parfois le « Réconciliateur » - qu’il nous parlera encore aujourd’hui.

Pour le reste, il existe de longues bibliographies de ses ouvrages et son curriculum est imposant. Je mentionnerais aussi un important travail homilétique toujours renouvelé. Mais, pour l’heure, je préfère dire qu’un fruit plus concret, plus tangible de l’Esprit chez Père Boris est - nombreux sont ceux qui en témoignent - « l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur, la tempérance ». Je cite ici saint Paul, bien sûr. Si je devais citer le Père Boris je devrais vous dire ceci : « Dis-leur que je suis sympathique. »

Père Radu, août 2007

 

 

Partager cet article


SPIP  |  (c) Diocèse de Sens-Auxerre 2005  |  Dernière mise à jour : 14/05/2012  |  Nous contacter  |  Se connecter  |  Suivre la vie du site  RSS 2.0