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Rencontre avec un partenaire péruvien du CCFD

Esteban est pour une semaine dans l’Yonne

Participants à la rencontre :

Esteban Chavez Mozombite – Péruvien de 24 ans de Loreto (Du côté de la forêt amazonienne),
- traductrice Marta,
- membres de l’équipe diocésaine du CCFD-Terre solidaire ;
- journalistes de L’Yonne Républicaine et de France Bleu ;
- équipe d’EDY.

Esteban avait l’habitude de travailler avec des religieuses, auprès des enfants puis des jeunes de sa paroisse. Et tout naturellement, devenu a dulte et lui-même petite exploitant, il s’est engagé dans la JARC (Jeunes agricole chrétienne). Actuellement, il est responsable de JARC pour sa région.

"Merci de me donner la possibilité de parler de la JARC (Jeunesse agricole rurale catholique du Pérou) et de son action dans ma région".

La JARC agit auprès de jeunes agriculteurs pour leur donner une formation humaine, chrétienne et politique. Depuis 2008, elle a entreprit de les aider à progresser dans la gestion de leurs exploitations.

Cette action débute dans sa région, mais elle est déjà bien avancée dans la région de St Martin :
* créer de petites coopératives de culture de riz, de safran des Andes ;
* apporter un appui juridique ;
* rechercher des soutiens financiers pour les projets.

Sa famille ?
Tous sont agriculteurs, petits exploitants.

Les exploitations agricoles sont de combien de ha ? L’élevage de quels animaux ?
Les exploitations moyennes ont 2, 3 ou 4 ha. On cultive du maïs, yucca, riz, bananes. Sinon, nous vivons de pêche, volailles, porcs (3 – 4), pas de moutons, chèvres. Les produits de la ferme sont vendus sur le marché local.

Qui sont les propriétaires de terres ?
Ce sont les paysans. Il n’y a pas de problème de terre, il y a de l’espace à défricher et les grands producteurs ne sont pas présents dans cette région amazonienne. Ils n’ont pas de machines, donc pas de grands terrains.

Il y a deux problèmes qui sont liés ensemble :
à cause de manque de machines, les terrains cultivables sont petits ; même avec plus de terre la vente n’est pas assurée… le marché local est très fluctuant.

Aide de l’Etat ?
Il n’y en a pas. Il existe une loi qui en parle mais sans résultat. L’aide financière vient des ONG. Le soutien financier du CCFD permet de démarrer un projet.

Au Pérou il y a trois grandes régions : Côte, Cordillères et Forêt (Amazonie).

Quelles sont les formations que vous proposez (générale ou technique ?)
Il y a deux types de formation :
*formation générale (situation politique, culturelle…)
*formation technique.
Il est important de faire connaître aux cultivateurs leurs droits.

Comment l’éducation des enfants se présente-t-elle ?
L’éducation des enfants dépend de moyens financiers des parents (les frais d’inscription, activités divers sont payants, etc).

Qu’est-ce que vous attendez de votre visite dans l’Yonne ?
Je vois la bonne organisation des cultivateurs en coopératives – avec une agriculture bio. Mon rêve, c’est mettre en marche les coopératives en Amazonie. L’agriculture y est bio ! Les cultivateurs n’ont pas de moyens d’acheter des engrais chimiques.

Dans d’autres régions de Pérou (Côte, Cordillères) il y a beaucoup de grandes exploitations et qui cherchent encore à s’agrandir, mais pas en Amazonie.

Il y a un danger : la déforestation est intensive pour des filières pétrolières, du commerce de bois, pas pour l’agriculture.

Est-ce que le réchauffement climatique a une influence dans votre région ?
Pas vraiment, mais sur la Côte, et les Cordillères il y a des actions de sensibilisation, pas en Amazonie.

Est-ce qu’il y a d’autres activités économiques ?
Il y a l’artisanat, le tourisme.
L’agriculture est le seul moyen de subsistance dans notre région. Il y a encore la pêche. Les gens ne sont pas éduqués donc ils ne changent pas facilement, même dans l’agriculture – les gens ne savent pas changer.

Est-ce qu’il y a des gens qui émigrent vers d’autres pays ?
Il y a un exode rural des jeunes vers les villes mais c’est un échec encore plus grand. Les gens n’ont pas les moyens de partir dans d’autres pays.

Et la formation des filles, des garçons ? La JARC veille à la parité – les ONG l’exigent d’ailleurs.

Qu’est-ce qu’il fait qu’un jeune de 24 ans s’occupe de ces problèmes ?
"C’est le résultat de mon parcours. J’ai toujours travaillé avec les jeunes. Ma journée ? Je vis avec mes parents qui sont déjà âgés, je partage mon travail entre la famille et la JARC (en bénévolat)".

Qui assure la formation des cultivateurs ?
La formation vient des ONG, des gens de régions, de la JARC, toujours en bénévolat.
Le regroupement se fait selon les régions. Esteban est lié avec l’Eglise. L’évêque informe la région ainsi que les responsables. Loreto est le centre le plus grand mais on l’oublie toujours.
Le programme d’Etat de développement ne fait pas d’attention à l’Amazonie.

Pourquoi le CCFD soutient la JARC ?
Parce que le CCFD aide les projets mais n’envoie pas de techniciens sur place. Il fait la promotion de création, développement. Il n’apporte pas son projet mais soutient les projets sur place. Et ce projet va tout à fait dans le sens de la démarche du CCFD, pour une éducation des personnes et une aide au développement local.
Ces projets sont soutenus au niveau national – il y plus de 500 projets en cours même s’il y en a plus qui arrivent…

Auxerre, le 23 mars 2009.

 

 

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