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Une nouvelle année s’ouvre, pleine de promesses pour ceux qui inaugurent ainsi un nouveau chapitre de leur existence : une nouvelle
classe, un nouveau collège, un nouveau lycée pour les jeunes, un nouveau travail pour certains, et pour tous des projets familiaux, professionnels, culturels…
Avec quels projets nos communautés chrétiennes entrent-elles dans cette nouvelle année ? Il faut tout d’abord évoquer ce qui est en cours, ce qui se construit : patience et persévérance sont nécessaires pour mener à bien la mise en place des nouveaux ensembles paroissiaux et de leurs équipes d’animation paroissiales. Il nous faut également mettre en œuvre une nouvelle catéchèse, à la suite de l’impulsion donnée par le projet missionnaire diocésain — Annoncer le Christ dans l’Yonne, promulgué par Mgr Patenôtre au printemps dernier.
Équipes d’animation paroissiales, mise en œuvre de nouveaux outils catéchétiques : nous sommes ici dans le registre des « moyens », ou de « l’organisation, ». Mais pour quelle fin ? Beaucoup de ceux qui s’investissent dans les paroisses, les mouvements, les services diocésains ont parfois impression d’être « noyés » dans le fonctionnement, de ne pas voir le bout des tâches à faire. Pourtant, il ne faut jamais laisser passer au second plan la question centrale qui nous anime et qui nous porte, la question de l’orientation fondamentale et du but de notre vie : la question de notre vocation de chrétiens.
La vocation : c’est le thème d’année qui est proposé à toutes les communautés chrétiennes de notre diocèse, avec l’aide du service diocésain des vocations qui fournira des outils d’information et de réflexion. Ce mot « vocation » évoque peut-être pour nous, dans un premier temps, le choix de vie particulier effectué par certains baptisés : les religieux et religieuses, les prêtres, les diacres. Pourtant, c’est bien l’Église tout entière qui a une vocation particulière : si nous reprenons le sens premier du mot (du latin vocare : appeler), c’est l’Église tout entière qui est appelée par le Christ à une mission particulière.
Le concile Vatican II décrit cette mission en termes précis : « L’Église tend vers un but unique : que vienne le règne de Dieu et que s’établisse le salut du genre humain. Tout le bien que le peuple de Dieu peut procurer à la famille humaine découle de cette réalité que l’Église est le sacrement universel du salut manifestant et rendant actuel le mystère de l’amour de Dieu pour l’homme » (Concile Vatican II, Gaudium et Spes, n° 45 § 1). Tout est dit dans cette formule très concentrée du concile :
- l’Église annonce le salut que Dieu propose au monde, c’est-à-dire qu’elle a la charge, la vocation, de révéler au monde l’amour de Dieu pour lui. Elle a également la responsabilité de proposer en ce monde des relations d’amour et de charité entre les hommes, des relations qui annoncent des temps nouveaux : ce que l’Évangile appelle le Règne de Dieu.
- l’Église est un sacrement, un signe donné par Dieu au monde : elle est ainsi « envoyée » au monde pour lui faire connaître l’amour du Christ.
Nous comprenons ainsi que nos communautés chrétiennes ne trouvent pas leur fin, leur raison d’être, en elles mêmes. Dans un monde qui est souvent décrit aujourd’hui comme dangereux, complexe, difficile, la tentation peut être grande de s’enfermer sur soi-même. Pourtant, l’Église n’est pas un lieu de repli, de protection. Au contraire, les communautés chrétiennes sont invitées par le Christ à aller à la rencontre de l’humanité tout entière, dans sa richesse et sa diversité. Aller à la rencontre du monde, pour y être porteur d’une Parole d’amour qui est celle du Christ. Cette Parole ne passe uniquement par de beaux discours : c’est dans le compagnonnage au quotidien, compagnonnage patient et désintéressé, que se dit la Bonne Nouvelle. N’est-ce pas là le message que nous laissent les moines de Tibhirine, dont le bel itinéraire est retracé par le film Des hommes et des Dieux ? Vivre avec pour faire connaître le Christ. L’itinéraire des moines trappistes de Tibhirine a conjugué modestie et humilité, fidélité au Christ et ténacité dans l’épreuve. Hommes ordinaires, ils ont témoigné auprès de leur entourage, en France comme en Algérie, de l’extraordinaire de Dieu. N’est-ce pas là la vocation de tous les baptisés, la vocation de nos communautés ? Dieu s’appuie sur chacun de nous, femmes et hommes ordinaires, pour faire passer l’extraordinaire de son amour.
Olivier Artus, Vicaire général