Héritier d’une double culture
Les historiens s’accordent sur le fait que Paul est né à Tarse entre l’an 6 et l’an 10 de notre ère. Le choix de l’année2008 pour fêter son anniversaire est donc une date moyenne.
Nous le connaissons par ses lettres, écrites à partir de l’an 50, et à travers le livre des Actes des Apôtres, qui donne des éléments de sa vie entre les années 33 et 63 environ. C’est beaucoup… et c’est très peu ! De plus, si tous les spécialistes sont d’accord pour reconnaître qu’il est l’auteur de sept des lettres qui lui sont attribuées(*), il y a de fortes chances pour qu’au moins une partie des autres ait été écrite par l’un ou l’autre de ses disciples.
Nous savons que le jeune Saul est né juif citoyen romain, qu’il a reçu une solide éducation grecque dans sa ville natale de Tarse – très réputée dans le monde intellectuel de son époque – puis qu’il a poursuivi sa formation religieuse juive à Jérusalem, auprès de Gamaliel, maître réputé. Il est donc au carrefour des civilisations.
Passionné de Dieu
Nous le rencontrons pour la première fois au chapitre 7 des Actes des Apôtres, au moment du martyre de saint Étienne : c’est à ses pieds que les bourreaux du premier diacre déposent leurs vêtements, pour jeter plus librement leurs pierres.
Cet événement marque le début d’une violente persécution contre certains chrétiens, et Saul, profondément croyant, y adhère de tout son être : il s’oppose à ceux dont la pratique est contraire à la loi de Moïse et part pour Damas afin d’extirper de la ville les disciples de Jésus Christ.
La rencontre avec le Christ
Mais sur la route, le Christ ressuscité lui apparaît et lui demande d’aller annoncer l’Évangile aux non-juifs. Bientôt, il ne s’appellera plus Saul, mais Paul. Et cette même énergie qu’il mettait à persécuter les chrétiens, Paul va la déployer pour accomplir cette mission.
Voyageur infatigable
"Trois fois j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour et une nuit sur l’abîme. Voyages à pied, souvent, dangers des fleuves, dangers des brigands, dangers de mes frères de race, dangers des païens, dangers dans la ville, dangers dans le désert, danger sur mer, dangers des faux frères !" Contre vents et marées, Paul annonce le message de l’Évangile, il prêche, il exhorte, il encourage…
Paul annonce le salut particulièrement aux non-juifs, à travers la Turquie actuelle, la Méditerranée, la Grèce, tandis que Pierre, Jacques et d’autres apôtres se tournent vers des pays où les communautés juives sont bien enracinées – c’est-à-dire à l’Est, à Alexandrie en Égypte et à Rome.
Les Actes des Apôtres font le récit de trois grands voyages de Paul. Un quatrième voyage l’emmènera, prisonnier des Romains, à Rome. Ici s’arrête le récit des Actes. Fut-il relâché une première fois – ce qui lui aurait permis d’aller en Espagne comme l’attestent certaines traditions, avant d’être à nouveau arrêté puis exécuté en 67 – ou fut-il décapité dès l’an 64 ? On en est réduit aux conjectures.
Une correspondance de crise
Paul garde le souci des communautés qu’il a fondées ou consolidées. Malgré les milliers de kilomètres qui les séparent parfois, il reçoit des nouvelles régulières. La plupart de ses lettres sont des réponses à des situations difficiles : problèmes de mœurs, mauvaise compréhension du salut apporté par Jésus-Christ, tensions dans la communauté, non-respect des pauvres et des petits… Ce ne sont donc pas des traités de théologie, mais des réponses à des situations concrètes.
Au fur et à mesure de ses lettres, la pensée de Paul s’affine, se précise…
Nos bibles ne nous les présentent pas dans l’ordre chronologique, mais simplement… en fonction de leur taille, en commençant par la plus longue (Romains).
(Pour retrouver toutes les cartes des voyages de saint Paul : siteEcoles)
Les voyages de saint Paul : des milliers de kms à pieds, à travers des paysages de montagne ou de déserts et sur des bateaux à voile ou à rames…
(*) La première lettre aux Thessaloniciens, les lettres aux Romains, aux Corinthiens, aux Galates, aux Philippiens et à Philémon. Pour Colossiens et Éphésiens, les spécialistes hésitent. La lettre aux Hébreux, ainsi que les lettres à Timothée et à Tite ne sont sûrement pas de lui – ce qui n’enlève rien au fait qu’elles sont reconnues par l’Église comme inspirées par l’Esprit Saint.