Vous trouverez dans ce numéro une invitation pour la soirée de lancement de l’année sacerdotale. Ces dernières semaines, nombre de chrétiens m’ont parlé de cet événement et m’ont exprimé leurs attentes mais aussi leurs questions et leurs craintes.
L’attente, c’est que dans le diocèse on puisse insister cette année tout particulièrement sur l’appel au ministère presbytéral. Mais, pour la plupart des chrétiens rencontrés, il y a aussi le souhait qu’on ne présente pas comme seul modèle le saint curé d’Ars. En effet, il faut replacer son ministère dans le cadre d’une paroisse rurale du XIXe siècle : si la mission des prêtres reste la même aujourd’hui, c’est-à-dire annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile, rassembler le peuple chrétien et célébrer les sacrements, le monde a considérablement changé et la manière dont les prêtres doivent remplir cette mission est souvent bien différente.
C’est pourquoi une pastorale des vocations doit s’appuyer sur les prêtres qui vivent aujourd’hui chez nous, avec leurs qualités, mais aussi leurs défauts, avec leurs sensibilités différentes et leurs manières d’annoncer la Bonne Nouvelle en fonction du peuple auquel ils s’adressent. Il n’y a pas un seul modèle de prêtre dans le diocèse ! Et puis, les prêtres sont, comme tous les chrétiens, appelés à la sainteté ; mais ils ne sont pas encore des saints. C’est une manière de dire à un jeune : « Ce n’est pas au-dessus de tes forces. Les prêtres sont des hommes. »
Mais il y aussi une autre série de questions que j’ai parfois entendues et qui pourraient se résumer ainsi : « Cette année, on va parler des prêtres. Alors, nous laïcs, on ne compte plus ? » Comme si le fait de tourner notre regard, cette année, sur la place et le rôle des prêtres dans les communautés chrétiennes allait réduire la mission des laïcs. Il existe parfois une manière dangereuse d’aborder la question de la responsabilité des prêtres et des laïcs. Tout se passe comme si prêtres et laïcs étaient en concurrence : si un laïc prend une responsabilité, certains considèrent qu’il retire quelque chose au prêtre et vice-versa. Une telle conception rend tout le monde mal à l’aise et empêche d’avancer.
Il nous faut méditer la déclaration du Pape Benoît XVI que nous avons lue lors du dernier conseil de pastorale : « Il est nécessaire… que l’on promeuve graduellement la coresponsabilité de l’ensemble de tous les membres du Peuple de Dieu. Cela exige un changement de mentalité concernant particulièrement les laïcs, en ne les considérant plus seulement comme des “collaborateurs” du clergé, mais en les reconnaissant réellement comme “coresponsables” de l’être et de l’agir de l’Église, en favorisant la consolidation d’un laïcat mûr et engagé. Cette conscience commune de tous les baptisés d’être Église n’amenuise pas la responsabilité des curés. C’est précisément à vous qu’il revient, chers curés, de promouvoir la croissance spirituelle et apostolique de ceux qui sont déjà assidus et engagés dans les paroisses : ils sont le noyau de la communauté qui constituera un ferment pour les autres (1). »
La soirée du 15 octobre devrait nous aider, dans cette période de rentrée, à nous remettre en face de la mission de l’Église à laquelle nous sommes tous appelés ; nous pourrons réfléchir davantage sur le rôle des prêtres dans nos communautés. Le livret diocésain qui sera présenté ce soir-là nous y aidera.
R. Lechien
(1) : Discours de Benoît XVI : Ouverture du Congrès ecclésial de Rome, 29 mai 2009