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Prenons le temps d’entendre… (éditorial d’EdY n° 11)

Dans le cadre de l’année sacerdotale, nous avons proposé un pèlerinage sur les traces des prêtres de notre diocèse qui furent martyrs sur les pontons de Rochefort.

Faire un pèlerinage en évoquant des “saints” ou des “bienheureux” qui ont vécu il y a plusieurs siècles, est-ce bien utile pour notre vie de chrétien aujourd’hui ? N’est-ce pas faire un cours d’histoire, comme on le ferait sur un site historique, à Verdun par exemple ?

En fait, en suivant le chemin parcouru par les quinze prêtres de notre diocèse, nous avons essayé de comprendre leur cheminement dans la foi, en cherchant quel message Dieu nous adresse à travers eux. Certes, nous ne vivons pas à l’époque de la Terreur et nous ne risquons pas la guillotine ; nous avons la liberté de prier, de célébrer les sacrements et d’annoncer la Bonne Nouvelle… autant de possibilités que n’avaient pas les prêtres en 1794. Mais nous avons, comme eux, la responsabilité de vivre les Béatitudes et de témoigner de Jésus Christ là où nous sommes et en fonction de ce que le Seigneur nous donne de vivre.

C’est pourquoi nous avons longuement regardé le dépouillement qui leur a été imposé et la manière dont ils se sont retrouvés seuls, enfermés sur un bateau, sans contact avec l’extérieur : dans ce dénuement total, ils affirmèrent leur foi et leur confiance dans le Seigneur, se redisant que finalement Dieu est l’unique nécessaire. Ce message nous atteint de plein fouet, nous qui paniquons parfois pour bien moins.

Nous avons relu la manière dont ils se sont obligés à prier avant les repas sur le bateau et à rendre grâces alors que cela leur avait été interdit… et qu’ils n’avaient pas grand-chose à manger ! Ils le firent, parce qu’ils se seraient sentis coupables de ne pas témoigner devant leurs persécuteurs. Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans la même situation, mais nous cherchons parfois des excuses pour ne pas annoncer l’Évangile dans des situations autres, mais moins dangereuses.

Au milieu de l’horreur qu’ils ont vécue et devant la cruauté de l’équipage, ils prirent l’engagement de pardonner : « Nous leur avons montré que nous étions les disciples d’un maître qui est mort en pardonnant à ses ennemis. » Ce rappel nous a amenés à nous demander jusqu’où, nous-mêmes, nous étions capables de pardonner.

Au moment où nous sommes arrivés devant cette grande croix de galets sur l’île Madame, nous nous sommes rappelé que, peut-être à cause de la discrétion dont ils ont fait preuve à leur retour, peut-être aussi à cause du contexte historique, ils ont été oubliés pendant longtemps. On raconte en effet qu’en 1863 le curé du lieu vint un jour sur l’île Madame, qui faisait partie de sa paroisse. Là il vit un vieil homme agenouillé au milieu du champ, à l’entrée de l’île. Intrigué par cette prière dans ce lieu insolite, il l’interrogea. Le vieil homme lui répliqua : « Ne savez-vous pas que c’est ici que sont enterrés les saints ? » Dieu nous parle à travers des hommes et des femmes que nous avons rencontrés ou dont nous avons entendu parler : souvent, ils ne sont ni célèbres, ni très connus. Mais, comme ce vieil homme, prenons le temps d’entendre le message que Dieu nous adresse par eux.

Robert Lechien

 

 

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