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Pour une relecture du travail des équipes d’obsèques

A l’occasion des rencontres des membres des équipes d’obsèques du diocèse (qui ont réuni, en trois lieux, plus de trois cent cinquante personnes en décembre 2009 et janvier 2010), le fr. Michel Caille a donné des éléments pour savoir relire ce qui a été vécu en équipes d’obsèques.

Qu’est-ce que la relecture ?

Des expressions ou des verbes qui peuvent nous aider à comprendre ce que cela veut : lire à nouveau, Re-lire, repasser, revoir. C’est revenir sur sa vie, sa journée et donc aussi sur tout événement important comme peut l’être une célébration d’obsèques. La relecture plus particulière d’une célébration d’obsèques ne doit pas être séparée de la vie. Ceux qui n’ont jamais fait de relecture pourront commencer en faisant une relecture de leur journée, de leur vie. Ceux qui ont déjà fait des relectures de vie pourront profiter de leur expérience et faire, sans difficulté, une relecture d’obsèques, ils en éprouveront même peut être le besoin.

Cette demande n’est pas originale, on la trouve ailleurs dans la pratique préparant au sacrement de réconciliation, dans des mouvements catholiques, dans certains courants spirituels. Proposer de faire cette relecture n’est pas quelque chose de superflu, mais c’est proposer d’enrichir votre vie spirituelle : que ce service d’Eglise que vous remplissez déjà, pour certains depuis longtemps, vienne enrichir votre vie chrétienne et votre vie spirituelle. C’est d’abord là le premier rôle de cette proposition.

Pourquoi ?

Nous sommes des êtres en route, de la terre au ciel (comme une célébration d’obsèques). Nous sommes des personnes en devenir, nous ne sommes pas achevés, nous sommes en train d’accomplir notre pèlerinage vers le Père : nous venons de Lui et nous retournons à Lui. Cet itinéraire n’est pas rectiligne, il a besoin d’être revu, relu, rectifié. Mais il a besoin aussi d’être regardé pour rendre grâces au Seigneur de ce qu’il nous a donné de beau et nous pardonner là où nous avons failli. Nous sommes en marche vers la sainteté, nous avons donc besoin d’améliorer notre vie chrétienne, la façon d’être chrétien.

Dans notre relecture repérer :

  • Les choses belles, bonnes qui se sont passées durant cette célébration (la foi de la famille, une belle vie qui s’éteint, la participation de l’assemblée…).
  • Faire remonter nos interrogations sur ce que nous avons vécu, les attitudes des gens.
  • Dire aussi là où nous ressentons les manques et donc rechercher une formation complémentaire utile.

Comment ? La relecture peut s’effectuer personnellement ou en équipe. Dans la mesure où nous faisons chacun une relecture personnelle, la relecture en équipe sera mieux vécue, plus vivante et surtout portera davantage de fruits. La relecture personnelle peut préparer à la relecture en équipe. Il ne faut pas la faire trop longtemps après la célébration, sinon on risque d’oublier l’un ou l’autre élément qui peut avoir son importance. Il faut refaire, dans sa tête l’ensemble du déroulement de la célébration, les différentes étapes, depuis le début : la réception du faire part d’obsèques, le contact et l’accueil de la famille, la préparation de la célébration. Bien repérer et revoir si nous avons été à l’écoute de ceux qui sont venus nous voir ou bien si nous avons tout le temps parlé. Cela demande une certaine attention et une certaine précision. Ne pas rester dans le vague mais dire les choses avec précision. On regarde : les acteurs (la famille, celui qui a dirigé les obsèques…), les personnes en présence ; les paroles qui ont été dites (le mot d’accueil, telle intervention de telle personne…) ; les gestes qui ont été posés (comment l’ont-ils été, avec une certaine gaucherie, trop vite…) ; les attitudes (en parlant, en dirigeant les chants, en faisant les lectures).

Y a-t-il une relecture dans l’évangile ?

On peut se poser la question de savoir s’il existe des relectures dans l’évangile. Cette réalité en tant que telle n’est pas dans la coutume du monde juif. Cependant par l’art de poser des questions que possède le judaïsme, on peut trouver des indices ou des avants premières de cette relecture, entre autres en repérant certaines questions posées par Jésus ou par les disciples d’ailleurs ! Dans une perspective plus large on pourrait dire que le Seigneur a appris son peuple a regardé sa vie, à lire les évènements dont il a été le témoin et surtout l’acteur !

Questions de Jésus

Luc 24, 17
Il leur dit : « Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? » Alors ils s’arrêtèrent, l’air sombre.

Un peu plus loin dans le même évangile on trouve :

Questions des disciples

Lc 24, 32
Et ils se dirent l’un à l’autre : « Notre coeur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Écritures ? » 33 À l’instant même, ils partirent et retournèrent à Jérusalem ; ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons,

Remarquons comment cette simple interrogation pour examiner ce qu’il y avait dans leur cœur, a changé leur regard sur ce qu’il venait de vivre et comment ils ont rebroussé chemin.

Mc 9, 33
Ils allèrent à Capharnaüm. Une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? »
34 Mais ils se taisaient, car, en chemin, ils s’étaient querellés pour savoir qui était le plus grand.
35 Jésus s’assit et il appela les Douze ; il leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »

L’interrogation ne porte pas sur le faire, mais sur le dire des disciples entre eux.

  1. réaction de silence : sans doute qu’ils se mettent à réfléchir
  2. et Mc nous donne la réponse : ils s’étaient querellés
  3. Le geste de Jésus est une réponse à la question qu’il se posait de savoir qui était le plus grand. Pour Jésus, il n’y a pas de questions saugrenues, même celle des disciples !

Frère Michel Caille, franciscain à La Cordelle.

(Texte donné à Fain-les-moutiers, 10 décembre 09, avec les personnes présentes venant des doyennés d’Avallon et du Tonnerois. Le §4 a été ajouté lors de la rencontre avec les équipes obsèques du Sénonais le jeudi 14 janvier 2010. )

 

 

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