Abbé Lambert Dohmen

Les chrétiens sont appelés à réveiller leur foi. (Janvier 2012)
L’invitation n’est pas nouvelle ! Jésus a envoyé ses apôtres dans le monde entier annoncer l’évangile et baptiser ceux qui l’accueillent. Le monde interpelle l’Eglise et elle a mission de répondre. Saint Pierre invite les chrétiens à être au rendez-vous avec ceux qui cherchent un sens à donner à leur existence. « Soyez toujours prêts à justifier votre espérance devant ceux qui vous en demandent compte ». Or aujourd’hui nous sommes tous interpellés comme aux premiers jours de l’Eglise. Le pape Benoit XVI et avec lui, tous nos évêques appellent à une nouvelle évangélisation dans le monde. Chez nous, notre évêque nous demande d’être présents pour répondre à cet appel universel aux chrétiens. Pour nous il s’agit d’annoncer le Christ dans l’Yonne. Il nous est proposé un projet missionnaire et catéchétique pour le diocèse. Toutes les paroisses et tous les mouvements d’Eglise sont appelés à la mobilisation autour du Christ et de son message. Il nous est proposé pour cette année une réflexion en équipe autour de l’évangile de St. Marc. Des équipes se forment partout dans le diocèse pour un rendez-vous profond avec le Christ. En ce 50ème anniversaire de la convocation du Concile Vatican II nous sommes invités à faire nôtres les textes et l’esprit qui les anime. La même chose par rapport au Catéchisme de l’Eglise catholique que Jean Paul II nous a donné il y a 20 ans cette année. Il nous faut aussi oser prendre le temps d’une réflexion et d’une rencontre avec ces personnages que l’Eglise nous présente comme des saints ou des bienheureux : Sainte Thérèse pour son intimité avec le Seigneur Jésus, Saint Vincent de Paul pour son action au service des pauvres ou plus près de nous Thérèse de Calcutta ou Sœur Emmanuelle et l’abbé Pierre. Nous pouvons aussi rendre grâce à Dieu pour l’action humanitaire de tant de chrétiens disponibles pour témoigner de leur foi au Christ et dans la dignité de l’être humain. Un curé de Milan, don Gigi Perini, responsable international des cellules paroissiales d’évangélisation invite les fidèles à « réveiller ce géant endormi qu’est la paroisse ». Il estime qu’une paroisse dynamique pleine de l’amour de Dieu peut nous fasciner et nous pousser à l’évangélisation. Benoit XVI souligne « qu’il ne s’agit pas simplement d’inventer de nouvelles actions, car le centre de la crise de l’Eglise en Europe c’est la crise de la foi. C’est notre foi qui doit trouver une nouvelle vitalité. Elle doit devenir en nous une force réelle grâce à la rencontre de Jésus-Christ. Toutes les autres réformes resteront inefficaces ». A chacun de nous d’être à l’écoute de ce que lui dit l’Eglise. Enfin, le mouvement migratoire dans le temps présent est aussi une occasion providentielle pour l’annonce de Jésus-Christ. L’étranger qui trouve dans les chrétiens d’un pays d’accueil une famille pourra y découvrir quelque chose de l’amour de Dieu dont le Christ est le vrai visage qui doit illuminer le nôtre. Que cette nouvelle année vous donne la paix et la joie qui nous viennent de Dieu en Jésus-Christ ! Lambert Dohmen votre aumônier
En méditant l’actualité. (Décembre 2010)
En effet, quelle place le monde réserve-t-il à la vie porteuse de valeurs qui lui donnent son vrai sens ? Le 23 novembre, un colloque s’est tenu réunissant l’Unesco, l’Unicef et le Secours Catholique pour dénoncer le viol comme arme de guerre.
En ce moment l’ancien vice président de la République Démocratique du Congo paraît devant le Tribunal International de la Haye pour avoir avec ses milices utilisé largement le viol comme arme de guerre. Et nous n’ignorons pas que chez nous en Europe, en Bosnie, 20.000 femmes ont été victimes de viol et ont aujourd’hui beaucoup de difficulté à se reconstruire.
Ceci ne doit pas nous faire oublier que les avortements sont un autre crime contre la vie. Parler de cela à l’approche de Noël ne doit pas enlever de nos cœurs la joie que nous apporte Noël, car il reste pour nous le plus grand des espoirs. Mais comment donc cette fête se prépare-t-elle sous nos yeux ? Fin novembre, des illuminations à profusion ont envahi les rues de nos villes. La population est déjà en fête. Qu’est donc cette fête qui fait tant courir le monde et ressemble à un évènement commercial lumineux !
Pour beaucoup c’est la fête des cadeaux. Mais vu sous cet angle n’y aurait-il de fête que pour les nantis !
Or à Noël la vraie richesse nous est donnée dans la naissance d’un enfant sans défense, Jésus de Nazareth, né à Bethléem, Fils de Dieu et compagnon de vie de l’humanité. Lui seul donne à notre vie sa vraie valeur. Lui seul nous donne le bonheur et une vie sans fin. Lui seul rend possible le vivre ensemble. Lui seul peut rassembler dans l’unité l’humanité qui ne sait pas partager les richesses entre tous.
Le quart de la population mondiale vit comme Lazare, à la porte des riches, souffrant de faim et d’injustice. Benoît XVI nous dit : « Le chrétien logique avec lui-même, c’est le chrétien attentif autant à la défense des immigrés et des plus pauvres, qu’à la défense de la vie naissante, l’embryon ». Toute vie est sacrée et précieuse aux yeux de Dieu du début jusqu’à la fin. L’Esprit Saint est à l’œuvre dans bien des cœurs pour rendre la vie plus humaine et plus juste.
Il nous faut rendre grâce à Dieu pour tous les efforts au service de l’unité, de la justice et de la paix.
Nous rejoignons aussi les évêques chaldéens d’Irak qui réclament que les autorités religieuses musulmanes s’expriment publiquement par une fatwa « afin d’aider à éclairer le fait que les violences contre les chrétiens sont illégitimes et contraire aux principes de la religion islamique ».
Que l’enfant de Noël renouvelle notre regard sur le monde avec ses violences et ses injustices et faisons nôtre cette prière d’une jeune femme victime de viol au Congo : « Seigneur fais que notre communauté chrétienne rayonne d’un amour tel que même ceux qui se croient nos adversaires y trouvent un réconfort ».
Je vous souhaite un Noël de paix et de joie en union avec l’Enfant Jésus qui nous rassemble.
Vivre c’est rassembler et aimer (Octobre 2010)
Le Christ et son Eglise, voilà notre joie et notre fierté. Or pour connaître le Christ il nous faut connaître les Ecritures. C’est dans l’Eglise que les Ecritures prennent vie. C’est en observant le chemin que l’Eglise trace à travers l’histoire des hommes que nous sommes entraînés à devenir vivante Eglise. Sa richesse et sa grandeur ne se situent pas tellement dans son passé mais dans son actualité. Notre vocation de chrétiens c’est de faire Eglise aujourd’hui. Le mot église vient du grec « ecclesia », groupe d’appelés. Nous vivons avec elle des hauts et des bas, des moments d’enchantement et de tristesse. Le vent médiatique qui s’est soulevé à la suite des scandales liés à la pédophilie semble vouloir se calmer. Les médias nous parleront, on peut l’espérer, de l’action positive de l’Eglise dans le monde d’aujourd’hui. Nous rendons grâce à Dieu de lui faire prendre des prises de position claires dans ces circonstances difficiles. Ainsi la presse a répercuté la position du Vatican par rapport aux immigrés et de la façon dont les politiques règlent le problème. Nous nous réjouissons de voir battre le cœur de l’Eglise au rythme de l’Evangile : « J’étais un étranger, vous m’avez accueilli ». Nous la voyons entrer en dialogue avec des représentants d’autres religions. Nous la voyons aller à la rencontre des Eglises chrétiennes autres que catholique. Nous la voyons répondre au vœu ultime du Christ qui sonne comme un ordre : « Que tous soient un comme toi Père Tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé ».
Ainsi Benoît XVI vient de nous dire que le dialogue entre les chrétiens est une nécessité impérative, une option irréversible de l’Eglise. L’absence d’unité mine la crédibilité du message proclamé par les chrétiens. En s’adressant aux évêques du Brésil, il les invite à créer des ponts pour établir des contacts à travers un sain dialogue œcuménique dans la vérité.
Au moment où j’écris cet éditorial pour « le Lien », le pape se prépare à la rencontre des Eglises dans le Royaume uni. C’est son 17ème voyage hors d’Italie. Dans ce pays où les catholiques sont une minorité, quelques protestations se lèvent mais elles n’empêcheront pas que la visite du Pape sera un évènement historique. D’ailleurs « Le pape et la reine partagent certaines préoccupations profondes », selon l’archevêque de Westminster.
Le pape visitera Westminster Hall où il s’adressera aux responsables politiques, civils, diplomatiques et économiques du Royaume uni. C’est le lieu où Saint Thomas More fut condamné à mort pour avoir adhéré à la foi catholique. Le 19 septembre aura lieu la messe de béatification du très aimé John Henry Newman, cardinal britannique. Il avait compris que l’esprit et le cœur devaient aller de pair dans les grandes entreprises de la vie. Or qu’y a-t-il de plus grand que la recherche de Dieu et le salut des hommes ? Pour sa visite le pape a choisi comme devise celle-là même que le Cardinal Newman avait inscrite sur son blason cardinalice : « Le cœur parle au cœur ».
Ceci nous rappelle que le témoignage est plus prometteur pour l’évangélisation que les prêches. Nous pouvons penser aussi à Teresa de Calcutta dont on vient de fêter en Inde et dans le monde le centenaire de la naissance. Elle a voulu : « Etre l’instrument de l’amour de Dieu ». Ce message a été reçu par des gens de toute religion. Mère Teresa, est un « don inestimable à l’Eglise et au monde », dit Benoît XVI. Elle a fondé les missionnaires de la charité qui rassemblent dans une immense fraternité sans frontières. C’est l’esprit de charité vécu au milieu des pauvres, malades et délaissés qui attire des personnes de toute culture ou de religion et de conditions sociales des plus modestes. Les chrétiens sont des hommes et des femmes de rencontre ! Il nous incombe de rassembler les différences.
Chacun de nous est ici chargé de mission : rendre l’Evangile vivant et donc l’Eglise visible pour notre civilisation.
La vie chrétienne : une nouveauté quotidienne. (Juin 2010)
A u milieu d’innombrables évènements qui surviennent chaque jour, certains retiennent plus particulièrement notre attention. Il y a le réchauffement climatique, la réduction de l’arsenal nucléaire, la protection de l’environnement, la mondialisation que l’on voudrait au bénéfice d’un « développement humain intégral ». Il y a l’avalanche des informations, la crise et la réaction de la Bourse. Il y a les nouvelles de la vie mondaine et dernièrement le festival de Cannes. Il y en a pour tous les goûts. Chacun peut y trouver ce qu’il cherche, le meilleur comme le pire, à chacun ses valeurs. Et voilà que, ô merveille, au milieu de tout ce qui brille plus ou moins, il nous est offert un instant de pur amour. Il s’agit de l’esprit dont étaient animés les moines de Notre-Dame de l’Atlas qui avaient fait alliance avec le peuple d’Algérie. Le film « Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois retrace la vie des moines de Tibhirine assassinés il y a 14 ans. Au moment où les dirigeants des pays cherchent comment réussir une mondialisation sans sacrifier l’humain, le vivre ensemble, voilà qu’il nous est proposé une incroyable espérance. Ce film est porteur d’un message spirituel de fraternité entre les hommes dont il faut espérer qu’il puisse rejoindre les spectateurs. Les moines avaient tissé des liens de solidarité avec les pauvres de la région. Malgré les dangers qu’ils couraient et dont ils étaient conscients, ils considéraient tout homme comme un frère. Ils ont pu ainsi engager un dialogue avec l’Islam. Ils ont pu montrer ce que peut signifier l’Eglise de Jésus-Christ quand elle est brûlée du feu de l’Evangile. Il nous faut maintenir vivant l’esprit de Tibhirine. « C’est un feu que je suis venu allumer sur la terre et il me tarde de le voir flamber » disait Jésus. (Luc 11/49.) Ceci peut nous rapprocher aussi de l’esprit qui animait nos prêtres morts aux pontons de Rochefort en 1794-1795. Il y a eu plus de 500 victimes. Lorsque les survivants ont été invités après la tourmente à porter plainte et à dénoncer leurs gardiens, l’un d’entre eux, l’abbé Jacques Maugras écrit : « Si nous avons fait voir à nos gardiens que l’homme soutenu par la grâce peut tout souffrir pour sa foi, nous leur avons aussi montré que nous étions les disciples d’un maître qui est mort en pardonnant à ses ennemis ; car aucun de nous n’a voulu faire dénonciation contre eux, quoique nous fussions autorisés par le département…et nous nous sommes séparés assez bons amis ». Ni les prêtres des pontons de Rochefort, ni les moines de Tibhirine n’étaient candidats au martyre. Ils vivaient dans la discrétion. Ce sont les évènements tragiques qui nous les ont fait connaître. Ils ont voulu être simplement témoins de Jésus-Christ, ce qui constitue la mission de tout chrétien ! L’Eglise doit sans cesse proposer le Christ, c’est vital. Nous sommes tous concernés par la mondialisation de l’Evangile, que nous soyons jeunes ou avancés en âge. Benoît XVI vient de dire que l’Eglise est prête au dialogue avec tous. Mais il met en garde les nations majoritairement chrétiennes de se limiter à ce qui leur reste « car ce serait à terme une mort, quant à la présence de l’Eglise dans le monde. » Alors n’attendons pas la fin pour relire l’Evangile ensemble, en petit groupes là où nous vivons, afin d’accueillir la Parole du Christ avec tout son feu et en être sans hésiter les témoins.
Nous avons tout à la portée de main et l’Esprit nous attend pour nous emporter plus loin.
Noël – Pâques : un seul et même dessein ! (Mars 2010)
Notre Carême est une marche vers le Ressuscité. Autour de nous c’est la course à laquelle nous participons tout en chantant en Eglise : « Fais nous voir Seigneur ton amour et donne-nous ton salut ». Silesius, un mystique chrétien nous crie : « Arrête, où cours tu donc, le ciel est en toi ». Un sage hindou disait : « L’infini habite en toi ». Pour nous, Noël-Pâques, c’est bien Dieu dans notre vie. La durée de Noël à Pâques c’était 33 ans pour Jésus. Pour le calendrier de 2010 : cent jours. Pour nous il s’agit d’une seule et même réalité : Le dessein de Dieu qui donne sens à notre vie. Le Christ est venu pour nous le révéler. La liturgie nous le rappelle : « Pour accomplir le dessein de ton amour, le Christ s’est livré lui-même à la mort, et, par sa résurrection il a détruit la mort et renouvelé la vie ». C’est ainsi que : « Dans cette existence de chaque jour que nous recevons de ta grâce la vie éternelle a déjà commencé : nous avons reçu les premiers dons de l’Esprit par qui tu as ressuscité Jésus d’entre les morts et nous vivons dans l’espérance que s’accomplisse en nous le mystère de Pâques ». Ainsi donc, Dieu est devenu homme pour que l’homme devienne Dieu. L’incarnation du Fils de Dieu et la divinisation de l’homme sont un seul et même mystère. Dietrich Bonhoeffer disait : « l’Eucharistie vient à la suite de l’incarnation, elle en est la continuation logique ». Mais pour que l’homme soit divinisé il fallait que le Christ meure et ressuscite. Le Dieu fait homme devait encore mourir et ressusciter, c’est-à-dire passer à une vie tout autre et cette transformation passe par la mort. Jésus le dit : « Si le grain de blé ne tombé en terre et ne meurt, il reste seul ; s’il meurt il porte beaucoup de fruit ». Moïse apprend que l’homme ne peut voir Dieu sans mourir (Exode 33.) « La gloire de Dieu c’est l’homme vivant » dit St. Irénée, car habité de son amour. Et saint Paul : « Ce n’est plus moi mais le Christ qui vit en moi ». Paul est disposé à mourir pour vivre dans le Christ. Nous sommes loin de l’idée de réincarnation des Hindouistes ! Bien que ce soit une croyance respectable puisqu’il faut un grand nombre de réincarnations successives pour que l’âme soit digne de rencontrer Dieu. Mais ici nous sommes loin de la vie avec Dieu que Jésus est venu nous révéler. Pour le chrétien : vivre c’est aimer et en aimant passer de la mort à la vie, dit St. Jean. Tout le monde ne voit pas la vie ainsi. En février, au Laos, 50 chrétiens ont été arrêtés et spoliés de leurs biens car la foi chrétienne y est interdite et seul le culte des esprits est admis. Mais nous n’avons pas besoin d’aller en Asie ou dans des démocraties islamistes ou autres pour constater l’hostilité à la foi chrétienne. Fin février, suite au saccage de l’église de Morangis avec destruction à la hache du tabernacle et profanation du Saint Sacrement Mgr. Michel Dubost a publié ce texte : « Je suis heureux de voir avec quel empressement les pouvoirs publics, les politiques, la presse et l’opinion publique se révoltent lorsqu’une mosquée ou une synagogue est attaquée…Mais cet empressement général rend étourdissant le silence à propos des églises. Malgré nos protestations les exactions continuent. Les pouvoirs publics sont donc responsables par leur carence…S’il faut hurler, nous hurlerons. Après tout nous aussi nous sommes des citoyens. » Pourquoi, me direz-vous parler de cela dans un éditorial consacré à Pâques ? Tout simplement parce que pour nous Pâques c’est toute notre vie de croyants. A la suite des apôtres nous sommes les témoins du Christ ressuscité. « Vous êtes mes témoins » nous dit-il. Se taire ce serait trahir. Mais avant de hurler n’oublions pas de faire parler le Ressuscité à travers nos actes. Que notre vie soit un cri d’amour, le monde a besoin de l’entendre !
Bonnes Pâques !
Un Noël pour notre temps ? (Décembre 2009)
La fête de Noël se présente à nous sous des aspects variés. Un homme dans la nuit de Noël, allant au réveillon, voyant l’église illuminée dit à sa femme : « T’as vu, même à l’Eglise ils fêtent Noël » ! Le décor est planté : surconsommation, grands repas en famille ou entre amis et cadeaux….
Il nous faut repréciser la raison de la fête pour trouver la bonne manière de la célébrer. Pour le croyant, c’est Dieu qui entre dans le temps, dans l’histoire de l’humanité et dans la vie de chacun. Il vient en toute simplicité, nous dire son amour. Il fait naître dans le monde une joie gratuite qui donne force et confiance aux hommes. Car c’est une grande joie de découvrir que ce qui nous relie à Dieu nous relie aussi aux autres. Alors c’est normal de chercher à faire plaisir, à faire la fête ensemble. Car l’évènement n’est pas anodin ! Dieu est devenu homme parmi les hommes ! L’incarnation est son expression ultime. Dans le corps du Christ, qui est la communauté des croyants, il épouse notre temps et l’humanité.
La vie éternelle est donc en nous tout au long de notre parcours de vie et c’est pour cela que nous existons. Mais notre temps passe avec notre vie. Dans le livre de la Sagesse nous lisons : « Une génération s’en va, une génération s’en vient…rien de nouveau sous le soleil ». Nous nous rendons compte que nous passons avec le temps. Nous sentons venir les fatigues, le besoin de nous appuyer sur une canne, de brancher un appareil auditif, de nous faire des pense-bêtes. Mais notre foi nous dit que notre richesse est au-dedans de nous.
C’est cette richesse que l’enfant de Bethléem veut déposer dans le cœur de tout homme : la richesse de l’amour et de la tendresse de Dieu. Il n’est pas étonnant que Noël inspire chaque année douceur, tendresse et le bonheur d’être ensemble. Saint Augustin a senti profondément cette joie d’être ensemble sous le regard de l’amour de Dieu. « Quand je pense à ce que je suis pour vous je suis inquiet, car je suis évêque, responsabilité redoutable ; mais quand je pense à ce que je suis avec vous, je suis comblé, avec vous je suis chrétien ». Une autre parole d’Augustin souligne l’importance de Noël dans notre vie : « Si l’amour vient à manquer, à quoi sert le reste » ? La richesse de Noël que nous portons en nous doit se manifester car Noël c’est l’Amour ! Il y a de quoi se réjouir en raison de la naissance de Dieu parmi nous. Il nous enseigne de nous aimer les uns les autres. Nous devons veiller à ce que notre fête de Noël soit aussi fête pour d’autres : ceux de nos familles, enfants et petits enfants, nos amis et connaissances. Un geste, une parole, un petit cadeau délicatement ficelé et présenté peut être signe d’amitié, fleurer bon Noël et laisser des traces.
Nous vivons dans un monde qui est en attente de Noël, en attente de paix et de fraternité. Un monde où les hommes ont de la difficulté à vivre ensemble. Il nous reste aussi notre prière qui n’est ni un refuge, ni une dérobade, ni un appel au miracle. Si je demande « notre » pain de chaque jour, je dois être capable de le donner à ceux qui en manquent. Demander la paix c’est aussi la semer sur mon chemin. Ma prière devient alors action de grâce pour le don que Dieu nous fait en son amour. Noël ne nous laisse pas vivre les bras croisés mais nous envoie en mission dans ce monde où Dieu continue de naître.
Notre Noël sera alors porteur de paix et de tendresse.
A tous : Bon Noël !
L’Esprit Saint nous devance et nous attend (Juin 2009)
Si c’est vrai que l’Esprit Saint nous devance, nous risquons d’être à la traîne. Dans les Actes des Apôtres que nous devrions prendre comme livre de chevet, nous voyons comment sous la mouvance de l’Esprit Saint les apôtres se sont mis en mouvement et qu’un « grand nombre de gens, juifs et païens, devinrent croyants et se convertirent au Seigneur » Actes 11/21. C’était à Antioche. C’est là que pour la première fois le nom de « chrétiens » fut donné aux gens du Christ. Comment rester aujourd’hui des pierres vivantes, comment rester actifs dans l’Eglise ? Il nous faut rester dans la mouvance de l’Esprit, c’est là que l’Eglise se développe et avance. Une première exigence c’est de rester à l’écoute de la Parole de Dieu éclairée par l’Esprit. C’est lui qui nous pousse à dialoguer avec le monde qui nous entoure. Si nous acceptons de bouger, bien des occasions nous sont offertes pour innover et vivre la mission de l’Eglise. Nous devons être inventifs et permettre à l’Eglise d’être visible. Cela suppose que nous refusions de nous enfermer sur nous-mêmes. C’est vrai sur le plan mondial, c’est vrai sur le plan local.
Lors du voyage en Afrique Benoît XVI a été malmené par un grand nombre de médias l’accusant d’être inhumain, criminel quand il dit que l’utilisation du préservatif à lui seul ne résout pas le problème du sida. Tony Anatrella, psychanalyste, spécialiste en psychiatrie sociale et consulteur du Conseil Pontifical pour la Santé et un certain nombre de médecins et spécialistes de renommée mondiale, ont déclaré : « Le discours de Benoît XVI sur le préservatif est tout simplement réaliste. A la lecture de la lettre adressée au pape dans le monde du 25 mars, nous nous demandons s’il est encore possible de réfléchir sur le sens de la sexualité humaine, des comportements et des modèles sexuels qu’une société génère, sans être aussitôt sommé de se taire, au nom d’une vision purement technologique en la matière et qui au reste, ne prend pas en compte toutes les études épidémiologiques ». Une fois de plus, certains médias ont traîné dans la boue l’Eglise et ses représentants. Devant l’erreur et le mensonge les chrétiens ne doivent pas se taire, ce serait trahir : « Vous êtes mes témoins », dit le Seigneur à ceux qui sont les siens.
Si nous revenons au plan local nous nous trouvons devant la même réalité. Le MCR n’est pas un mouvement à vocation statique mais d’action catholique. Rendre l’Eglise visible c’est se mettre ensemble pour réfléchir et pour chercher comment être signe de l’amour de Dieu. Nous pouvons regretter la diminution du nombre de prêtres mais cela doit nous provoquer à être d’autant plus signifiants. Le bâtiment de l’église dans nos villages et quartiers de ville est un signe, un rappel. A nous de le rendre signifiant et parlant en lui donnant une âme. Pour nous chrétiens, la prière et l’eucharistie ne sont pas que des mots et l’église n’est pas patrimoine à elle seule. Avec ou sans prêtre, nous sommes l’Eglise qui n’a pas le droit de se taire, de rentrer dans sa coquille. Se donner rendez vous d’une manière régulière pour porter le monde dans notre prière c’est déjà lui faire signe.
Si l’Eglise diminue en vitalité c’est bien à cause de son mutisme. Ses membres ont perdu le sens de la prière, du vivre ensemble autour du Christ pour être ses témoins ! Notre action à chacun et chacune est vitale pour l’Eglise comme pour le monde au cœur duquel elle doit être présente comme un feu qui réchauffe et éclaire. L’Eglise n’existe pas pour elle-même, elle est faite pour le monde.
Que l’Esprit de la Pentecôte continue à souffler comme dans l’Eglise primitive pour faire naître dans l’humanité « une civilisation de l’amour » !
En route vers Pâques. (mars 2009)
Fin février nous avons commencé notre montée vers Jérusalem. Nous la faisons bien sûr en compagnie du Seigneur Jésus en écoutant sa parole. Le carême est un temps de jeûne et d’abstinence. il nous est donné comme un moyen de renouer notre amitié avec le Seigneur.
Mais il ne suffit pas d’observer quelques prescriptions proposées par l’Eglise. Le vrai jeûne, nous dit le Seigneur, consiste à faire la volonté du Père céleste : « Il voit dans le secret et te récompensera ». Le jeûne peut servir au bien-être physique, mais nous dit Benoît XVI : « Pour les croyants,il est en premier lieu une « thérapie » pour soigner ce qui les empêche de se conformer à la volonté de Dieu ». Saint Matthieu nous rappelle cette parole de Jésus : « Ce n’est pas de pain seul que l’homme peut vivre mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Le Seigneur nous invite à nous ouvrir aux autres et à ne pas vivre repliés sur nous-mêmes mais à vivre en frères. En montant à Jérusalem Jésus savait qu’il portait dans sa montée le salut de tous les hommes, ses frères. Si nous voulons vivre selon la parole de Dieu nous ne pouvons pas rester enfermés sur nous-mêmes. Saint Jean nous le dit dans sa première lettre : si nous avons des moyens et que nous voyons un frère dans le besoin sans lui venir en aide, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en nous !
Les chrétiens proclament que « Dieu est amour » ! Benoît XVI a envoyé au monde sous ce titre sa 1ère lettre encyclique. Or il y a bien des façons de vivre l’amour de nos frères. Si nous faisons de notre présence au milieu des autres un sourire ! Si nous retenons notre langue au lieu d’avoir des paroles désobligeantes sur les autres ! Si nous acceptons de prier pour ceux qui nous font du mal ! Si nous acceptons de voir la présence du Christ dans les autres comme il nous l’a expliqué : « Ce que vous faites aux autres c’est à moi que vous le faites » ! Si nous faisons cela nous serons en chemin avec lui dans sa montée vers Jérusalem. Nous serons dans sa proximité, lui qui par son incarnation est venu pour être proche de chacun. Le nom de Yahvé signifie : « Je suis là pour toi ». C’est cela justement que le Christ est venu vivre au niveau des hommes de Bethléem jusqu’au Calvaire à Jérusalem où il a connu la mort humaine.
L’Eglise nous a proposé de vivre cette année en compagnie de Saint Paul qui a marché dans les pas de Jésus. Depuis leur rencontre sur le chemin de Damas, Paul ne pouvait plus vivre que pour Jésus.« Pour moi, disait-il, évangéliser n’est pas un titre de gloire, c’est une obligation. Malheureux, moi, si je n’évangélise pas ! ». Le temps du carême doit être une occasion pour aller au coeur de notre foi. Saint Paul le disait aux Galates : « Vous tous, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ ». Le diocèse nous propose de nous réunir en groupes de partage pour mieux connaître la parole de saint Paul et l’Evangile. N’hésitons pas de nous joindre à un de ses groupes. C’est ainsi que nous ferons une expérience d’Eglise. Interpellé par Jésus sur le chemin de Damas, « Pourquoi me persécutes-tu ? » Paul a découvert que le Christ et son Eglise ne font qu’un. Cette communion, Paul l’a proclamé en disant aux communautés : « Vous êtes le corps du Christ ». Dans sa propre vie il l’a expérimenté. Lui, le persécuteur il n’a pas seulement connu en Jésus de Nazareth le Messie, il a proclamé : « Ce n’est plus moi, mais le Christ qui vit en moi ». Voilà le chemin que nous devons prendre ensemble, en Eglise. Puis, dans nos maisons, ayons le souci de laisser à portée de main quelque dépliant, revue ou même Nouveau-Testament qui peut interpeller les passants, petits ou grands. Que nos livres avec la parole de Dieu ne soient pas trop bien rangés, sagement en rayonnage mais posés ouverts à une certaine page ! Que le temps du carême, soit un temps d’interpellation pour nous et pour les autres. « Malheureux, moi, si je n’annonce pas l’Evangile » écrit St. Paul aux Corinthiens.(lCor.9/16)
Quel zèle de Paul inspire le nôtre ?
Bonne montée avec Jésus et Paul.
Noël 2008 dans l’actualité du monde (Décembre 2008)
Le temps de l’Avent nous a conduit jusqu’à Noël. C’est la grande fête pour ceux qui acceptent la proposition du Maître du monde car il nous a faits pour venir habiter nos vies. A tout croyant l’on peut dire : « L’Infini habite en toi » Encore faut-il prendre la route où nous allons pouvoir le rencontrer. Or c’est l’Enfant de la crèche qui l’a indiqué pour tous les hommes et une fois pour toutes. La route de la rencontre s’appelle humilité, service et amour !
Il est juste de dire qu’il est venu humblement le Fils de Dieu. Mais s’il est né comme tout enfant d’une mère, la sienne s’appelait Marie. Il a eu comme berceau une crèche dans une étable en rase campagne. Il est venu pour le plus grand des services que l’on puisse rêver pour l’humanité : rassembler tous les hommes en un seul amour et les faire entrer dans le Royaume de Dieu. Sa vie entre la naissance dans l’étable et sa mort en croix sur le Calvaire est le signe bouleversant de l’amour de Dieu pour les hommes. C’est un message qu’il nous donne afin qu’il devienne vie en nous. Il nous faut reconnaître que son message a beaucoup de difficulté à passer dans la vie des hommes. Dès sa venue les Juifs, son peuple, avaient refusé à la fois le messager et son message.
En notre temps l’opposition ainsi que les persécutions sont encore plus que jamais à l’ordre du jour. Le Pape Benoît XVI vient de dénoncer la « tragédie » en cours en Irak. Le cri d’alarme que nous lancent les catholiques de Mossoul par la voix de leur Archevêque venu à Paris ces jours ci, n’a pas trouvé d’écho dans la presse occidentale. Les chrétiens fuient le Proche Orient car devenus citoyens de seconde zone et persécutés, leur avenir est obstrué. La montée du fondamentalisme islamique alimenté par la non-résolution du conflit Israélo-Palestinien crée des ravages dans les rangs chrétiens.
Pourtant nous croyons que le Seigneur, nouveauté absolue, est venu habiter au milieu de cette humanité pour la renouveler de l’intérieur. Benoît XVI l’affirme en disant que « Pour les populations épuisées par la misère et la faim, pour les foules de réfugiés, pour ceux qui souffrent des violations de leurs droits, graves et systématiques, l’Eglise se place en sentinelle sur la haute montagne de la foi. Ce que les prophètes avaient annoncé s’est réalisé en Jésus-Christ. Il a marqué le passage du règne du mal au règne de Dieu, de la domination de la mort à celui de l’amour et de la vie ».
En même temps nous voyons l’Esprit à l’œuvre dans le monde. Nous le voyons dans le rapprochement des catholiques et orthodoxes qui découvrent dans la mission de l’Evêque de Rome un signe d’unité entre tous les chrétiens. Puis nous voyons l’Esprit Saint à l’œuvre dans le forum islamo-catholique, tenu à Rome récemment et où les participants ont proclamé l’amour pour Dieu et pour tous les hommes comme devant être au centre de la vie de tout croyant.
Ici encore, par le dialogue inter religieux l’Eglise du Christ remplit son rôle dans la mission de rassemblement universel. Ainsi, Noël vient et dans l’Enfant de Bethléem Dieu nous tend les bras pour que nous lui ouvrions les nôtres. « Ce que vous avez fait au plus petit, c’est à moi que vous l’avez fait ». En effet, adorer, louer Dieu ne peut se faire sans prendre soin des petits et des pauvres. Pour le moment nous sommes encore en attente et en lutte pour que Noël soit vraiment fraternel et universel. Il nous faut continuer à avancer humblement, dans un esprit de service et animé d’un amour à toute épreuve en fixant le regard au loin sur la lumière de Bethléem.
Il faudra encore du temps pour atteindre un monde meilleur, mais nous disons à la suite de Saint Augustin : « Tu nous a faits pour toi Seigneur et notre cœur est sans repos, inquiet, jusqu’à ce qu’il repose en Toi ».
Bon Noël à toutes et à tous et mes meilleurs vœux pour le nouvel an 2009 !
Batir des ponts entre générations (septembre 2008)
Il y a des ponts à construire nous dit-on, mais qu’est ce que nous faisons passer par ces ponts ? Si c’est pour relier deux mondes différents pour qu’ils nous enrichissent mutuellement : d’accord. On peut ainsi se faire renconter des réalités humaines diverses, des cultures différentes.
Mais le premier pont qui a permis le transfert de la plus grande richesse est celui entre Dieu et les hommes. C’est le pont qui a fait passer l’amour de Dieu au coeur de l’humanité. Ce pont porte un nom celui du Christ Jésus. C’est lui le plus grand faiseur de pont et il nous invite à faire avec lui le lien qui relie Dieu à l’humanité. Il est le porte-parole de Dieu, il est lui-même parole de Dieu. Il est le pontifex que la Vulgate a traduit par Grand Prêtre. Sa mission était prophétique, c’était l’annonce du Royaume de Dieu, le Règne de l’Amour.
Que ton règne vienne disons nous dans la prière qu’il nous a laissée pour nous adresser à Dieu. Or à la suite du Christ en union avec toute l’Eglise nous avons la mission de transmettre le message de l’Amour. Au baptème l’Eglise nous a proclamés : Prêtre, Prophète et Roi. Voilà toute une mission qui engage notre vie jusqu’au dernier souffle.
Le premier pont que nous avons à construire, et à consolider sans cesse, c’est le pont entre la Parole de Dieu et notre vie de tous les jours.
Puis le Christ nous a chargé d’être les témoins vivants de son message d’amour. Ce qui veut dire que nous devons établir des liens, des ponts avec les autres. Quand on dit les autres, on peut penser aux autres générations, mais il nous faut aussi penser aux ponts entre cultures, religions, et pour nous aujourd’hui, entre le monde d’hier et le monde de demain, et entre l’Eglise d’hier et l’Eglise de demain.
Ce dont nous devons être convaincus, pour commencer, c’est que les chemins les plus sûrs et les plus directs qui nous mènent vers les autres au milieu de tous les changements passent par Jésus. Comme architecte dans la construction de ponts il n’y a pas mieux.
Nous avons à entretenir le pont entre Dieu et nous en accueillons sans cesse sa Parole et il nous charge de construire des ponts entre nous et le monde autour de nous en observant sa vie, son évolution, avec ses cultures diverses, créer des passages, des ponts par le dialogue et l’ouverture. Le but de toute l’entreprise c’est de contribuer à un "vivre ensemble".
Mais nous devons veiller à ce que ces ponts ne soient pas à sens unique. Il doit y avoir un double mouvement, un peu comme dans le commerce : importation et exportation, sinon il n’ya pas de dialogue et d’enrichissement mutuel. C’est à dire qu’il nous faut savoir parler mais aussi écouter. N’oublions pas la parole de la Bible : Le Sage c’est une oreille qui écoute.
Alors demandons à Dieu qu’il nous façonne une oreille (un coeur) qui écoute.
L’Esprit est à l’oeuvre dans notre temps (Juin 2008)
Notre vie est un lieu de rencontres. Ce sont les rencontres qui nous font exister. Sans rencontres notre horizon est très limité et notre vie recroquevillée sur elle-même. Or, le Dieu Créateur nous a confié la terre pour que nous puissions l’habiller de sa lumière. « Le Verbe s’est fait chair » nous dit saint Jean dans le prologue de son évangile. Cela veut dire qu’il a voulu partager avec les hommes tout ce qui fait leur vie : leurs joies et leurs peines. Nul doute qu’il a apprécié la vie de famille avec sa mère Marie et Joseph, comme il devait être heureux lors de ses visites chez ses amis Marthe, Marie et Lazare. Elle devait être grande leur joie en vivant ces rencontres ! Jésus avait tellement de choses à leur donner et eux avaient tellement de choses à recevoir. Aujourd’hui, nous en tant que chrétiens, nous vivons une situation analogue. Nous sommes à l’écoute de Dieu et à l’écoute du monde. Riches de notre foi à proposer au monde, nous vivons au carrefour de la rencontre de la Parole de Dieu et du monde. C’est là que se situent notre mission et notre témoignage à donner. La Parole de Dieu est la vie des croyants. « Si vous écoutez ma parole, vous vivrez », nous dit Jésus. Vivre c’est accepter d’être plongé dans la vie de Dieu mais aussi dans la vie du monde qui a besoin d’être éclairé et guidé par la parole que le Christ a confiée à son Eglise, à chacun de nous. « La vocation chrétienne est aussi, par nature, vocation à l’apostolat » (Concile Vatican II). Le Seigneur a promis assistance à son Eglise jusqu’à la fin des temps. Mais Il la confie aussi à notre prière. Il nous faut l’accompagner dans sa traversée de l’humanité. Nous devons nous demander où nous en sommes. Jésus nous a promis la lumière de l’Esprit Saint. C’est lui qui nous inspire la prière pour notre temps. Tous nous entendons dire que prier c’est perdre son temps. Jésus n’est pas de cet avis. Il nous dit « Priez pour ne pas vous égarer ». Le chrétien se laisse interpeller par l’Evangile et par les évènements de la vie du monde. L’Esprit Saint nous fait signe à travers ces évènements. Partout où des hommes, particulièrement les dirigeants des nations et les responsables des religions désirent le dialogue au lieu de l’opposition et la violence, l’Esprit Saint est à l’œuvre. Nous le voyons à l’œuvre dans l’Eglise en Chine comme ailleurs. Pensons aux rencontres entre le Pape Benoit XVI et le monde musulman. Quelques déclarations communes à l’issue du 6ème colloque Musulman-Chrétien au Vatican du 28 au 30 avril dernier, nous montrent que l’Esprit Saint est à l’action : « Foi et raison sont deux dons de Dieu à l’humanité »… « Foi et raison sont intrinsèquement non-violentes »… « Chrétiens et musulmans sont appelés au respect mutuel et par conséquent à condamner ce qui tourne en dérision les croyances religieuses ». Puis nous pouvons invoquer l’Esprit Saint sur la prochaine rencontre des intellectuels et théologiens musulmans signataires de « la lettre des 138 » à qui Benoît XVI donne rendez-vous à Rome du 4 au 6 novembre prochain. Il y a aussi le défi actuel indiqué par le Pape dans son discours à l’ONU qui est une invitation à « agir ensemble pour le respect et la dignité humaine » Devant l’Académie des Sciences Sociales Benoit XVI rappelle que « l’annonce de l’Evangile est inséparable de l’engagement pour la justice et la Paix ». L’Esprit souffle fort en notre temps, il nous faut l’accompagner de notre prière !
De Noël à Pâques (Décembre 2007)
Nous venons de célébrer la fête de Noël, fête que nous avons préparée durant le temps de l’Avent, temps de l’attente, de la recherche et de la purification. Si Jésus est né il y a 2000 ans, il nous faut naître au Christ et le reconnaître. L’année liturgique nous aide à entrer dans le dessein de Dieu concernant l’humanité. Le prophète Isaïe nous assure que dans le début la fin est déjà présente : « C’est moi qui t’ai créé mon peuple, ne crains pas, car je t’ai appelé par ton nom, tu m’appartiens…. Parce que tu as du prix à mes yeux, que tu as de la valeur et que je t’aime ». A peine l’avons-nous reçu dans cette froide nuit de Bethléem que déjà Il nous entraîne sur le chemin de l’homme nouveau que nous pouvons devenir en nous laissant guider par lui. De Noël à Pâques nous suivons l’Enfant Dieu, dès sa naissance à cette vie humaine jusqu’à sa stature de Christ ressuscité, Fils achevé et parfaite image du Père. Il nous propose de nous mener vers notre naissance à la vie plénière. La résurrection de Jésus est le retour à Dieu de celui qui est venu de Dieu. Et si un homme est passé dans le monde de Dieu, c’est que Dieu est l’avenir de l’homme.
Fêter Pâques, c’est fêter par anticipation notre passage à la vie en Dieu. Nous le vivons déjà dans la célébration de l’Eucharistie qui n’est pas seulement un souvenir mais également une anticipation de la vie en Dieu. La vie du Chrétien qui écoute la parole du Christ, et qui la met en pratique est une anticipation du vivre ensemble qui deviendra réalité par notre entrée dans la vie de la Trinité. C’est alors que notre baptême reçoit sa dimension entière et définitive. En attendant nous avons à vivre activement ce que le Christ a vécu en traversant la vie humaine. Il a connu le refus, le rejet alors que son amour est la clé donnée aux hommes pour une vie ensemble. Il a passé au milieu d’eux en faisant le bien. Il a été exclu par son propre peuple et condamné alors qu’il lui proposait le chemin du vivre ensemble. « Je suis le chemin, la vérité et la vie ».
Les quarante jours qui précèdent les fêtes pascales, le carême, nous est donné pour le vivre comme une anticipation à ce vivre ensemble. « C’est à ceci que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » En essayant de vivre à partir du Christ la dimension humaine, sociale et religieuse de son existence, le chrétien « rend compte de l’espérance qui l’habite » comme nous le demande l’apôtre. (1Pierre 3/15) Il montre Dieu à l’œuvre dans sa vie. Cela doit pouvoir se faire devant les membres de nos familles : enfants, petits enfants, mais aussi devant des amis ou connaissances qui ne partagent pas notre foi. L’important c’est de témoigner de l’amour qui nous fait vivre. C’est alors que le chrétien peut dire à la manière de saint Paul : « Ce que j’ai reçu je vous l’ai montré ».