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Archives 2010

Noël : Dieu au cœur des événements (éditorial d’EdY n° 22)

Il m’a été donné de vivre deux rencontres intéressantes en cette semaine qui a précédé la fête de Noël. L’une dans un lycée, avec des jeunes de BTS, et l’autre dans un centre de détention, avec des détenues.

Les jeunes de BTS travaillent à Auxerre, mais ils sont citoyens du monde. Ils reviennent de stages de travail aux États-Unis ou en Inde… Je ne sais trop ce que représente la fête de Noël pour eux. Ils m’ont écouté avec respect et une certaine attention lorsque j’ai essayé de leur partager le cœur de ma foi. Certains ont dit qu’ils étaient musulmans, d’autres chrétiens. La plupart me semblaient avoir une foi “en points d’interrogation”. Mais c’est toujours bien difficile de connaître les chemins intérieurs qui habitent le cœur de l’homme. En tout cas, j’ai pu partager davantage avec l’un d’entre eux. Un jeune très sympathique, genre “qui croque la vie à pleines dents”. Il m’a confié ne pas être très intéressé par la question des religions. Il a eu une éducation catholique. Peut-être la proposera-t-il à ses enfants, mais ce sont eux qui choisiront. Il a pris des distances avec les religions. Ils trouvent qu’elles sont plutôt la cause des guerres. Ça ne l’intéresse pas. J’ai bien essayé de lui dire comment une religion, une philosophie, pouvait donner un sens à sa vie. Qu’il fallait bien avoir une certaine idée de ce que nous sommes dans nos trajectoires personnelles au cœur du temps et de l’espace. Qu’il fallait bien essayer d’enraciner une certaine compréhension de ce que c’est qu’être homme ou femme … Oui, mais non. “Ce n’était pas son truc”. En quittant le lycée, j’ai ramené un jeune musulman dans son quartier. Nous nous sommes souhaité de “bonnes fêtes”. Il était heureux de notre rencontre. Pourquoi les religions ne pourraient-elles pas être, dans leur différence, facteur de paix ? Dans un monde où il y a beaucoup d’indifférence par rapport à la religion, il me semble que les croyants, quels qu’ils soient, peuvent être acteurs de paix pour le monde. La guerre n’est jamais sainte, seule la paix est sainte. Je crois que j’ai passé une matinée à semer dans cette classe de BTS. J’ai remercié les jeunes pour leur écoute. Je les garde tous dans ma prière. Leur vie leur donnera, je pense, d’aller un peu plus au cœur d’eux-mêmes. Dieu parle dans les événements. Puissent-ils écouter les voix intérieures qui les conduiront vers Celui qui est la Parole. Ce Verbe fait chair que nous célébrons le jour de Noël.

Tout autre a été la rencontre avec les détenues. Elles étaient moins nombreuses. J’ai commencé par leur demander comment elles se représentaient Dieu. Elles ont dit : « Une lumière, une flamme, un feu en nous, comme un esprit ou un souffle en nous, un soleil, une colombe, deux mains qui se tendent, le bout du tunnel. » Quelle intensité lorsque l’on devine leurs routes !

Nous avons partagé sur l’Évangile du dimanche. Le songe de Joseph, l’Ange du Seigneur qui lui parle, l’accueil de Marie. Quel est ce Dieu qui entre dans nos vies ? Nous nous sommes bien redits que Dieu a pris visage humain en Jésus. Il est « Celui qui nous sauve », l’Emmanuel, « Dieu avec nous ».

Je ne sais trop comment Noël va être vécu en ces jours d’hyper consommation. Quelques fois l’abondance des cadeaux n’arrivent pas toujours à dissimuler la sécheresse des cœurs. Cependant, un peu tristes de constater que beaucoup vont fêter Noël sans trop connaître quel est Celui qui est au cœur de la fête, des familles vont se rencontrer. Alors réjouissons-nous ! Pour notre petite part, soyons les témoins joyeux et humbles de cette « Lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde. » (Jn 1,9). Les jeunes du lycée, les détenues du Centre de détention, tous ceux et celles qui courent dans les rues avec leurs paquets-cadeaux, ceux et celles qui vont vivre cette fête dans le deuil, la maladie ou la solitude, puissent-ils rencontrer des chrétiens heureux d’accueillir toute la tendresse d’un Dieu qui se fait proche. Plus que d’éteignoirs, c’est de lumières que notre monde a besoin ! Belle fête de Noël pour tous et pour chacun. Belle et sainte année nouvelle !

+Yves Patenôtre

 

 

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