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Archives 2010

Naissances (éditorial d’EdY n° 2)

Vous pourrez lire dans ce numéro le compte rendu d’une rencontre des équipes obsèques à la maison Galilée. En fait, trois journées de ce type ont été organisées dans le diocèse et ce sont 375 personnes qui ont répondu à l’invitation de notre évêque pour vivre avec lui une journée de prière, de réflexion et de partage. Cela me paraît illustrer assez bien ce qui se passe aujourd’hui dans notre Église diocésaine.

Souvent, nous regardons ce qui ne va pas, ce qui meurt, ce qui ne peut plus se faire : "Maintenant, il n’y plus la messe dans notre village…". "Il y a très peu d’enfants de notre village (peut-être même pas du tout) qui feront cette année la profession de foi : or c’était une fête importante autrefois pour nous…". "Notre prêtre n’habite plus ici et on le voit rarement". Oui, tout cela est vrai. Mais prenons le temps de regarder aussi ce qui naît. Les équipes "funérailles" en sont un bon exemple.

Il y a dix ans, lorsque le Père Gilson a lancé une réflexion sur les funérailles, une enquête avait été réalisée pour savoir comment s’organisaient les obsèques religieuses dans chaque paroisse du diocèse. Dans cinq doyennés (sur huit) il n’y avait pratiquement pas d’équipes obsèques et les célébrations étaient le plus souvent assurées par le prêtre seul. Rares étaient les paroisses où il y avait parfois des obsèques animées par des laïcs, sans la présence du prêtre. D’ailleurs, lors de l’assemblée synodale du 18 décembre 1999, un certain nombre de voix s’élevèrent pour souligner les difficultés de mise en route d’équipes et pour affirmer haut et fort qu’il n’y avait pas de funérailles possibles sans la présence d’un prêtre.

Heureusement, la majorité de l’assemblée vota la décision qu’il fallait mettre en place une équipe dans chaque paroisse.

Dix années se sont passées : il y a une équipe dans 90 % des paroisses et le prêtre ne célèbre presque jamais seul, mais avec des membres de l’équipe qui ont préparé la célébration avec la famille. Dans la plupart des cas, si le prêtre ne peut pas venir pour la célébration, l’équipe est capable de l’animer sans lui. Ces équipes, dans beaucoup de cas, forment finalement des petites communautés qui prient ensemble et essayent de témoigner de leur foi en Jésus ressuscité. Cela semblait impossible pour beaucoup il y a dix ans. Et pourtant vous y êtes arrivés ; il a fallu beaucoup d’explications, des moments de formation, du courage pour se lancer la première fois, et du temps. Je sais, il y a encore des difficultés : le vieillissement et la question du renouvellement des équipes, parfois les incompréhensions des familles quand vous leur dites qu’il n’y aura pas de prêtre… Mais ce n’est pas plus difficile à résoudre que les problèmes d’il y a dix ans.

Je voudrais que ce qui vient d’être dit sur les équipes obsèques nous serve d’exemple : il nous faut regarder autour de nous ce qui naît dans notre Église diocésaine dans différents domaines. Souvent c’est encore une toute petite réalisation. Vous savez, quand une plante est toute petite, elle est fragile et il faut la protéger. Il y a, dans notre Église, des choses qui naissent : certaines grandiront. Laissons-leur le temps de pousser et ne les détruisons pas tout de suite par nos critiques ou notre pessimisme.

Robert Lechien

 

 

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