La soirée, animée par le Père Joël Rignault, débuta par la présentation par l’Agence locale pour l’emploi des statistiques commentées concernant les jeunes de 18 à 25 ans. Parmi les deux cent soixante-deux jeunes présents dans le bassin d’emploi, cent sept n’ont pas de moyen de locomotion. Pour aider à comprendre les difficultés qu’ils rencontrent, deux comédiennes, Valérie et Pascale, ont restitué trois situations vécues.
Première situation : pour continuer des études, il faut partir.
Un jeune, pour poursuivre sa formation, devrait s’éloigner du milieu familial et environnemental. Du fait de son refus, il est conduit à une orientation par défaut.
Le débat a mis en exergue l’appréhension de certains jeunes à partir pour acquérir le diplôme leur permettant de rentrer dans la vie professionnelle : difficultés d’orientation, de mobilité financière et/ou culturelle. Le rôle des parents, des enseignants et des formateurs a été souligné. L’angoisse et l’insécurité de l’emploi ressenties par les jeunes qui effectueront deux ou trois professions pendant leur vie active, nécessitent des réponses concertées des institutions représentatives des parents et de l’enseignement.
Deuxième situation : si on pouvait acquérir une formation adaptée sur place...
À l’issue d’un stage de deux semaines dans une entreprise de restauration collective, un jeune, motivé, reçoit de la part du responsable le conseil de poursuivre sa formation. Il pourra acquérir un niveau lui permettant ensuite de faire carrière dans l’entreprise, sans omettre les contraintes liées à l’activité de restauration. Cette formation nécessite de partir, puisqu’il n’y a pas de lycée professionnel hôtelier sur place.
Le débat s’est orienté vers la nécessité de mieux connaître les besoins des entreprises dans les prochaines années pour tenter d’apporter localement des formations adaptées avec les institutions existantes et les entreprises elles-mêmes de manière interne.
On a souligné l’importance de revaloriser le travail de l’ouvrier, notamment dans le bâtiment.
La motivation des jeunes, lorsqu’elle existe, constitue un atout important pour réussir ; la mise en confiance est aussi un facteur humain important pour faciliter l’insertion.
Troisième situation : un emploi pour la saison touristique, mais comment s’y rendre ?
Après avoir effectué un stage dans un hôtel restaurant privé, au cours duquel stagiaire et chef d’entreprise se sont appréciés, ce dernier propose d’embaucher la stagiaire pour la prochaine saison touristique. Mais elle n’a pas encore son permis de conduire pour effectuer les trajets du domicile parental à l’hôtel restaurant.
Le débat a abordé la location-vente de mobylettes pour des trajets limités, les aides existantes ou à envisager pour le permis de conduire, non seulement financières, mais aussi pédagogiques et psychologiques. Il y a aussi les subventions pour acquérir un véhicule et l’assurer, ainsi que les problèmes de logement, sachant que si la personne est motivée, l’employeur fera l’effort de trouver une solution.
Le président de la commission locale d’insertion (CLI) témoignait de la complexité des situations qui demandent un accompagnement au cas par cas. Les personnes sont fragilisées dans leur milieu familial, scolaire, professionnel. L’objectif est de les remettre debout ou de leur faciliter l’intégration dans le monde du travail en leur donnant ou redonnant confiance.
Cette soirée, à partir des trois situations présentées, a démontré la capacité de tous les participants d’origines très diverses, à s’écouter, à dialoguer à la fois dans les domaines techniques et qualitatifs permettant une meilleure connaissance et des références en concordance avec le thème retenu.
C’est aussi, en fonction des compétences et des responsabilités exercées par chacun, l’occasion de se rencontrer entre les différentes institutions présentes.
Père Joël Rignault, doyen de l’Avallonnais
Philippe Leroy, membre du CEAS Avallonnais