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Mission (n° 16)

Editorial du 30 septembre 2006

Nos communautés se préparent à vivre le 22 octobre prochain le dimanche de la mission. Quand on parlait de semaine missionnaire autrefois, on pensait spontanément aux pays lointains dans lesquels quelques prêtres ou religieuses partis d’Europe essayaient d’annoncer l’Évangile à des gens qui n’en n’avaient jamais entendu parler. Dans ces pays, il y avait très peu de prêtres et les missionnaires devaient parcourir de grandes distances pour visiter les communautés chrétiennes et célébrer les sacrements. D’autre part, ils étaient dans des pays très pauvres et essayaient d’aider les populations comme ils le pouvaient. Aussi, la semaine missionnaire consistait surtout à susciter chez les chrétiens de France des vocations pour partir renforcer les effectifs missionnaires de ces pays, et à récolter des fonds pour aider les missions.

Or voici qu’en juillet 1943 deux prêtres, les abbés Godin et Daniel, font paraître un livre qui avait pour titre : France, pays de mission ? Ils montrent que dans les villes de France, il y a une masse de gens qui sont devenus des “païens” : "On ne sait pas d’où l’on vient, où l’on va, ni pourquoi on est sur la terre ; on n’a pas de raison de vivre, de principes directeurs, ni d’échelle de valeurs... On ne trouve pas non plus, dans ces milieux, le fond de morale chrétienne... Nous sommes bien en pays de mission " (p. 16). Peu de temps après, en 1945, le chanoine Boulard publiait un autre livre, Problèmes missionnaires de la France rurale, dans lequel il faisait les mêmes constatations pour certaines régions du monde rural qu’il classait dans la catégorie : pays de mission. Une partie importante de notre diocèse entrait dans cette catégorie.

Désormais, le sens des mots mission, missionnaire allait petit à petit évoluer. On ne parlait plus simplement des pays lointains, mais aussi de chez nous ; on n’allait pas simplement demander des vocations de missionnaires pour l’Afrique ou le pôle Nord..., mais aussi pour notre pays qui voyait le nombre de prêtres diminuer. Il ne s’agit pas d’abandonner les missions lointaines en nous repliant sur nos propres problèmes, mais de nous mettre en situation de partage avec ces communautés qui peuvent nous aider en nous communiquant quelque chose de leur souffle missionnaire. Nous avons nos propres difficultés, mais nous voulons faire comme la pauvre veuve de l’Évangile qui dépose les deux pièces qu’elle possède dans le trésor du Temple (Luc 21,1-4) : le dimanche de la mission, c’est pour nous le moment d’élargir notre regard et, dans notre prière, de porter les actions de grâce et les demandes des autres communautés, en sachant que nous sommes aussi dans une situation de mission.

Précisément, dans ce numéro d’EDY, vous trouverez des nouvelles d‘autres communautés chrétiennes lointaines par la distance : le Père Olivier Artus, de retour des Indes où il est parti enseigner la Parole de Dieu pendant un mois, nous parle de ces communautés qui l’ont accueilli. Plusieurs missionnaires nous donnent des nouvelles. Mais vous trouverez aussi un compte rendu de la rencontre de notre Conseil diocésain de pastorale de samedi dernier, pendant lequel nous avons travaillé à organiser nos communautés pour qu’elles puissent mieux annoncer la Parole et servir les Icaunais.

Robert Lechien

 

 

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