"IL Y A AU MOINS UNE CHOSE DE SÛRE, c’est que cette crise que nous traversons nous fait revenir les pieds sur terre ! " J’ai bien aimé cette réflexion d’un parlementaire lors d’une récente conversation. Nous voilà bien obligés de sortir du virtuel dans lequel nous planions. Et l’atterrissage ne se réalisera pas en douceur. Cela s’annonce tragique pour un certain nombre de familles, même s’il ne faut pas forcément dramatiser à l’extrême comme savent le faire certains médias.
EN CE TEMPS DE NOËL ET D’ÉPIPHANIE, je pensais qu’il y a Quelqu’un qui nous obligerait toujours "à revenir les pieds sur terre" depuis qu’il en avait donné l’exemple : c’est le Verbe fait chair. Pensait-il à ces événements qui nous déstabilisent lorsqu’il annonçait qu’il faudrait choisir entre Dieu et l’argent ? Ou bien nous acceptons la vérité de nos existences avec leurs pesanteurs et leurs grâces, ou bien nous nous illusionnons dans le mensonge qu’offrent les idoles qui brisent toujours ceux qui les adorent.
ÉTYMOLOGIQUEMENT, DANS LE MOT"crise" il y a l’idée de "trier" ou de "discerner". C’est le moment de s’asseoir et de faire le tri entre ce qui est vanité et ce qui tient bon. Nous voilà donc invités à nous enraciner en ce qui ne passera jamais. Ce Jésus de la crèche qui est venu nous rejoindre au cœur de notre humanité nous a annoncé quelle est cette réalité qui tiendra bon même si le ciel ou la terre venaient à passer : c’est la Parole de Dieu, Lui-même en personne.
EN VOUS OFFRANT MES VŒUX en ce début d’année, je suis heureux que ce numéro d’Église dans l’Yonne nous propose tous les chemins qui vont s’ouvrir devant nous cette année pour découvrir ou approfondir cette Parole de Dieu au cœur de notre Église diocésaine. Je compte m’y impliquer personnellement, avec la lectio divina, au moment du Carême.
PRENONS BIEN LE TEMPS DE REGARDER l’Enfant Jésus dans les bras de sa Mère. C’est l’infans, celui qui ne parle pas mais qui dit tout parce qu’il est la Parole même. Je nous souhaite de beaux moments d’adoration et de prière pour aller à l’essentiel : Jésus est le visage humain de Dieu. Il nous donne son Souffle pour aimer comme il nous aime.
LE MYSTÈRE DE L’INCARNATION nous révèle, selon la belle expression de Péguy, que le spirituel lui-même est charnel. Notre contemplation nous poussera à l’action. Quittant le moment de la prière, nous ne quittons pas le Christ. Tous les visages d’hommes, de femmes, de jeunes ou d’enfants expriment toujours le mystère du Christ. Depuis que Dieu s’est fait homme, nous ne pouvons être des mystiques aériens éloignés de tous les combats du monde. Mais des adorateurs en esprit et vérité, les deux pieds sur terre, pour bâtir une humanité où s’inventent des chemins de justice et de paix.
+ Yves Patenôtre
