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Archives 2008

Le corps du Christ (n° 11)

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Fin mai, nous célébrions la fête du Saint-Sacrement. Le 1er juin, en la cathédrale d’Auxerre, avec Marie-Hélène Mathieu, c’était le rassemblement interdiocésain de Foi et Lumière. Je fais le lien entre ces deux événements : dans le sacrement de l’Eucharistie nous communions au Corps du Christ. Dans la rencontre de celui ou de celle qui porte un handicap, nous touchons aussi le corps du Christ.

Nous croyons que c’est bien lui

Bientôt, du 15 au 22 juin, va se tenir au Québec le 49e congrès eucharistique international. Il aura pour thème l’Eucharistie, don de Dieu pour la vie du monde. Bien sûr, cela fait écho aux paroles de Jésus lui-même lorsqu’il parlait de son Corps donné et de son Sang versé pour que le monde ait la vie. À chaque Eucharistie, nous avons bien conscience de recevoir le Corps du Christ. C’est le Même qui est apparu aux disciples avant de les quitter visiblement au jour de l’Ascension. Nous tenons en nos mains le Corps du Christ. Nous croyons que c’est bien Lui. Et nous répondons « Amen » lorsque l’hostie nous est présentée pour la communion sacramentelle. Nous avons raison de l’adorer.

Salle Marie Noël, avec les personnes de Foi et Lumière, nous formions aussi le corps du Christ. C’est celui dont parle saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens (1 Co 12) : « Vous êtes le corps de Christ et vous êtes ses membres, chacun pour sa part… même les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont nécessaires, et ceux que nous tenons pour les moins honorables, c’est à eux que nous faisons le plus d’honneur. »

Ainsi, en accueillant Pierre-Yves qui se jetait affectueusement dans mes bras avec toute la tendresse d’un jeune marqué par le handicap, je tenais le corps du Christ. C’est ma conviction le plus profonde. Ce n’est pas seulement la mienne, c’est celle de toute l’Église dans sa plus grande Tradition.

Le temple de ce frère

Vous connaissez sans doute les beaux textes de saint Jean Chrysostome sur le sujet : « L’Église n’est pas un musée d’or et d’argent ; c’est une assemblée… Vous voulez rendre honneur au corps du Sauveur ? Après l’avoir honoré dans l’Église avec des vêtements de soie, ne le laissez pas dehors souffrir du froid et du dénuement… Qu’importe que la table du Christ étincelle de calices d’or, si lui-même meurt de faim ? En conséquence, tout en décorant la maison de Dieu, ne méprisez pas votre frère indigent. Aussi bien, le temple de ce frère est-il plus précieux que celui de Dieu. »

Le Corps du Christ que j’adore dans le Saint Sacrement, je le retrouve chez celui qui a faim de tendresse ou soif de justice. Chez celui qui est malade, prisonnier, étranger ou nu. « C’était moi ! » (Mt 25).

N’enfermons pas le Corps du Christ dans nos églises lorsqu’il nous attend aux cœurs de nos villes, dans nos villages et sur toutes les routes d’un monde où des masses de gens ne mangent plus à leur faim et sombrent dans la misère…

+ Yves Patenôtre

 

 

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