Veuillez activer le Javascript de votre navigateur s'il vous plaît!

Le P. Pierre Khoa nous a quittés

Le Père Pierre Tran Van Khoa, décédé le 6 février à l’âge de 82 ans à Brienon-sur-Armançon, dans la 52e année de son sacerdoce.

Pierre est né au nord Vietnam le 24 septembre 1929, dans une famille anciennement catholique. Dès 1940, avec l’arrivée des premières troupes japonaises, puis la création du mouvement Viêt-Minh, le pays entre dans une très longue période de conflits coupés de répits.

Pierre a été étudiant à Hanoï puis deux ans enseignant dans un lycée En 1953, il entre au Séminaire de Hanoï, mais à la fin de l’année, professeurs et séminaristes émigrent vers le sud car, suite aux accords de Genève, le pays est partagé en deux États de part et d’autre du 17e parallèle.

Le 31 mai 1960, Pierre est ordonné prêtre et exerce son ministère, vicaire puis curé. En 1965 il est volontaire pour aller évangéliser les minorités ethniques des Hauts plateaux, à l’ouest du pays, près du Laos. Pendant dix années, il sera proche de ces montagnards marginalisés, à la vie difficile et pauvre

À la fin de cette période il effectue un "mois de Nazareth" dans la Fraternité Jesus caritas dont la spiritualité s’inspire de Charles de Foucauld. Il a découvert ce groupe de prêtres diocésains et sera toujours fidèle à ce soutien et à ce rappel de ce qui fonde leur vie.

1975, l’armée de l’État du sud capitule. Assez vite, Pierre est arrêté Détenu pendant douze années. D’abord, dix-huit mois d’isolement total en cellule Réveil chaque nuit  : « confesse tes crimes, par écrit  ! » La "prière d’abandon au Père" est sa seule ressource. Ensuite camp de travail.

Tout en le libérant en 1987, les autorités lui interdisent tout exercice du ministère. S’il veut le continuer, il faut fuir le pays Par le Cambodge il rejoint un boat people Voyage hasardeux et très périlleux Plusieurs mois sont nécessaires avant de trouver enfin un moyen de transport sûr vers la France où il arrive en décembre 1988.

À Paris, en mars, Pierre est accueilli et hébergé aux Missions étrangères Il bénéficiera aussi de formations  ; le français n’est pas sa langue maternelle. C’est chez les MEP. qu’il rencontrera pour la première fois l’archevêque de Sens, Mgr Eugène ERNOULT, en avril 1989. Un an plus tard, contact avec les prêtres à la Maison diocésaine

En juin 1990, Pierre arrive à la paroisse de La Ferté-Loupière qui lui est confiée avec l’appui du curé d’Aillant. La tâche est difficile pour lui il découvre un pays si différent du sien et un diocèse si peu comparable à ce qu’il a vécu tant comme jeune prêtre que chez les montagnards. Des paroissiens, touchés par le récit de ce qu’il a vécu et par son amour de Jésus, lui font confiance et forment une communauté d’amis fidèles. Il leur donnera des responsabilités, parfois ouvrira le dialogue au cours de l’homélie.

Heureusement Anne, son aide aux prêtres, veille avec attention et efficacité à organiser la vie du presbytère. Elle lui sera fidèle et l’accompagnera jusqu’au dernier moment de sa vie.

En septembre 1994, Pierre arrive à Tanlay dans le contexte paroissial du Tonnerrois à la pastorale très organisée. L’adaptation est difficile En septembre 2000, il est curé à Neuvy-Sautour. À cette époque son état de santé commence à se dégrader et dès avril 2003 il entre à la Maison des frères Hunot à Brienon.

La fête de son jubilé de prêtre en 2010 rassembla beaucoup de membres de sa famille et des amis/paroissiens Comme pour la messe d’ À Dieu à Esnon où il concélébra la messe pour la dernière fois, la veille de sa mort. On put y découvrir sa fidélité à sa famille très présente - il a fait beaucoup pour elle comme prêtre  - ; sa fidélité à son peuple vietnamien  ; sa fidélité aux amitiés contractées et sa fidélité au ministère qui lui avait été confié par l’Église.

« Pierre, cette vie donnée au Christ et à l’Église a fait de toi un tout-petit de l’évangile capable de laisser l’amour de Dieu habiter ton cœur. Seigneur nous te confions notre frère, nous te rendons grâce pour sa présence et son témoignage auprès de nous. Apprends -nous à sa suite à goûter dès maintenant la force de ta résurrection  ! » (homélie)

 

 

Partager cet article


SPIP  |  (c) Diocèse de Sens-Auxerre 2005  |  Dernière mise à jour : 14/05/2012  |  Nous contacter  |  Se connecter  |  Suivre la vie du site  RSS 2.0