Veuillez activer le Javascript de votre navigateur s'il vous plaît!

L’engagement œcuménique, une école d’ouverture à l’autre (éditorial d’EdY n° 1)

Tout ce mois de janvier est rythmé par les cérémonies d’échanges de vœux, cérémonies sans doute quelque peu formelles, mais aussi expressions d’une attitude profondément humaniste : former des vœux pour autrui, c’est souhaiter la réussite de l’autre, son épanouissement dans le respect de sa culture, de son histoire et de sa spécificité.

Quel contraste entre cette attitude humaniste et les conflits qui blessent ce début d’année, caractérisés par l’intolérance religieuse, par la destruction violente de l’autre, simplement parce qu’il est « un autre ». Le drame survenu il y a quelques semaines dans la cathédrale de Bagdad, l’attentat contre la communauté copte d’Alexandrie sont autant de symptômes d’une incapacité d’accepter l’autre pour lui-même.

Sommes-nous nous-mêmes tellement étrangers à ces phénomènes de rejet et d’intolérance ? Ils ont marqué notre histoire : la fin du XVIe siècle en France a vu se développer une impitoyable guerre civile opposant catholiques et protestants, dont le but était la destruction politique et physique de l’autre.

Nous revenons donc de loin, et il serait imprudent d’oublier ces épisodes lointains de notre histoire, qui nous rappellent de quoi chacun d’entre nous est capable lorsqu’il laisse la peur de la différence prendre le pas sur le respect de la dignité de la personne.

Le temps des confrontations fratricides entre chrétiens est aujourd’hui heureusement révolu. Elles ont laissé place au dialogue œcuménique, un engagement commun que nous rappelle chaque année la semaine de l’unité. Le dialogue œcuménique est une école du respect. Une école du respect dont le pédagogue est le Christ. Ce n’est pas un dialogue facile, car les Églises chrétiennes ont des personnalités théologiques et des organisations institutionnelles différentes. Mais c’est un dialogue où chacun laisse l’autre « être autre », au nom du Christ.

Cette altérité assumée ne signifie pas que le projet de l’unité soit laissé pour compte. Le fait que les Églises chrétiennes enracinent leur foi dans une unique Parole de Dieu manifeste que ce qui leur est commun dépasse ce qui les sépare. L’Écriture sainte apporte à tous ceux qui se réclament du Christ — et au-delà d’eux à l’humanité tout entière — la promesse de l’unité et de la paix : en Jésus-Christ, Dieu s’est manifesté au monde comme le Serviteur de la paix.

Au cours de ces trente dernières années, le service commun de la Parole de Dieu a rapproché les différentes communautés chrétiennes de langue française. Ensemble, elles ont réalisé une Traduction Œcuménique de la Bible (T.O.B.), dont l’existence même signifie que la Parole du Christ précède et dépasse toutes nos divisions.

La publication, en novembre 2010, d’une nouvelle édition de cette T.O.B. ouverte à des livres lus dans les communautés orthodoxes (Ps 151, 3 & 4 Maccabées, etc.), montre la persistance de l’effort œcuménique, malgré les obstacles concrets qui jalonnent le parcours. Dans l’exhortation post-synodale Verbum Domini, à la suite du pape Jean-Paul II, Benoît XVI cite en exemple les travaux communs de traduction de l’Écriture comme des moyens privilégiés de la construction de l’unité chrétienne, une tâche dans laquelle des membres de toutes les communautés chrétiennes se retrouvent à égalité, comme serviteurs d’une Parole de vie, d’une Parole de paix : « Ceux qui se rappellent quelle influence les débats autour de l’Écriture ont eu sur les divisions, peuvent comprendre l’avancée notable que représentent ces traductions communes (Jean-Paul II, Ut unum sint, 1995, n° 44).

Que cet esprit commun de service de la parole de Dieu anime tous les chrétiens qui se retrouveront en ce mois de janvier à l’occasion de la semaine de l’unité.

Olivier Artus, vicaire général

 

 

Partager cet article


SPIP  |  (c) Diocèse de Sens-Auxerre 2005  |  Dernière mise à jour : 14/05/2012  |  Nous contacter  |  Se connecter  |  Suivre la vie du site  RSS 2.0