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Archives 2009

L’amour en vérité (éditorial d’EDY n° 13)

Vous pouvez lire le texte de l’encyclique et sa présentationsur le site de la Conférence des évêques de France.

Il est très intéressant de faire une petite revue de presse au lendemain de la parution de la lettre encyclique « l’amour dans la vérité » que le pape Benoît XVI vient d’adresser aux évêques, aux prêtres et aux diacres, aux personnes consacrées, aux fidèles laïcs et à tous les hommes de bonne volonté sur « le développement humain intégral dans la charité et la vérité ».

Pour certains médias, l’encyclique est bien signalée et côtoie naturellement l’ouverture du G8 à L’Aquila, pour d’autres les obsèques de Michaël Jackson ou le Tour de France éclipse complètement le texte du pape. C’est ainsi. Les médias reflètent bien les sensibilités de nos contemporains. Il ne s’agit pas de s’en offusquer mais d’en prendre acte. Le monde entier n’attend pas une parole décisive du pape tous les matins  ! Surtout si tel ou tel de ses propos ne peut être épinglé pour relativiser et condamner l’ensemble de son intervention.

La lecture de l’encyclique est exigeante. Elle est bien située dans la tradition des grandes « encycliques sociales » des prédécesseurs de Benoît XVI  : Léon XIII, Pie XI, Paul VI et Jean-Paul II. Elle ne manque pas d’y faire référence. Elle actualise la doctrine sociale de l’Église sans être forcément déterminée par la crise économique actuelle, même si elle en tient compte évidemment. Elle a même pu, paraît-il, retarder la parution de l’encyclique.

« Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent », ces versets du psaume 84 typent bien l’ensemble de la réflexion pontificale. Ces mots d’amour et de vérité concernent bien les réalités les plus profondes du cœur humain. C’est une banalité que de dire que tout être humain est concerné par l’amour.

Comment vivre sans aimer et être aimés  ? Mais que se passe-t-il si notre amour n’est pas situé dans la vérité de nos vies  ? La justesse d’appréciation du pape est de rappeler que « dépourvu de vérité, l’amour bascule dans le sentimentalisme. L’amour devient une coque vide susceptible d’être arbitrairement remplie. C’est le risque mortifère qu’affronte l’amour dans une culture sans vérité. Il est la proie des émotions et de l’opinion contingente des êtres humains  ; il devient un terme galvaudé et déformé, jusqu’à signifier son contraire. La vérité libère l’amour des étroitesses de l’émotivité qui le prive de contenus rationnels et sociaux, et d’un fidéisme qui le prive d’un souffle humain universel ».

Et, dès le début de sa lettre, le pape souligne que c’est bien dans le Christ que l’amour dans la vérité prend visage. Jésus lui-même est Amour et Vérité. Le monde ne pourra trouver son accomplissement qu’en Lui, venu transfigurer le monde par sa Présence. C’est au nom de cette foi qu’il peut écrire  : l’humanisme qui exclut Dieu est un humanisme inhumain. Le développement durable a besoin de chrétiens qui avec d’autres - qui ne partagent peut-être pas la même foi – travailleront à l’épanouissement de tout l’homme et de tous les hommes, en actes et en vérité.

Ainsi, la réflexion du pape, s’enracinant dans l’Écriture et la tradition de l’Église, devient appel. Il alerte les responsables de tous les pays et chacun de nous en particulier sur la vérité de nos comportements. Comment penser un monde sans transcendance  ? Ce n’est pas si mal, après tout, que ce numéro de « vacances » d’EdY, tout en nous invitant à lire l’encyclique, nous invite à l’intériorité et à la prière.

+ Yves Patenôtre

 

 

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