La fête de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem, le 2 février, nous donne de célébrer la journée de la vie consacrée. Nous serons donc en communion particulière avec tous ceux et celles qui ont consacré leur vie au service de l’Évangile. Ils sont à peu près deux cents dans l’Yonne. Ici ou là ce sont des communautés bien repérables. Mais ce sont aussi des personnes seules qui désirent vivre, comme leurs frères et sœurs, l’ordinaire des jours dans la réalité extraordinaire du Royaume de Dieu. Pour tous et toutes, le Christ est le tout de leur vie.
Dans un monde marqué par la puissance de l’argent, où des riches deviennent de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres, ces hommes et ces femmes ont choisi le Christ pauvre comme modèle. Avec bien d’autres, chrétiens ou non, ils participent activement, dans leurs engagements personnels ou communautaires, à la construction d’une société de justice et de paix, et pour cela ils ont choisi de ne rien posséder en propre. Ils essaient de vivre simplement, attentifs à tous ceux et celles qui ne sont pas favorisés par la vie. Libres de tout pour pouvoir témoigner de l’unique richesse : le Christ. Ils ont fait vœu de pauvreté.
Dans leur relation avec les autres, et déjà dans leur vie de communauté, ils s’efforcent d’être habités par un grand respect de l’autre. Ce n’est pas la puissance du moi qui écrase tout sur son passage. C’est l’écoute, l’accueil, l’attention, la sympathie, le sourire. « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent » (Ps 84). Cela n’a rien de mièvre ou de doucereux. Il faut une grande force intérieure pour aimer comme Jésus nous a aimés, en actes et en vérité. Cela vient d’une source intérieure. C’est la vie selon l’Esprit. Ces hommes et ces femmes essaient de ne pas accaparer les autres pour eux-mêmes, de ne pas se servir des autres pour arriver. Ils ont fait vœu de chasteté.
En fait, ils désirent se mettre tout entier à la disposition du Christ pour annoncer l’Évangile dans un style de vie qui n’est pas recherche de leur promotion personnelle. Ils désirent être disponibles pour partir en mission là où leurs responsables les inviteront. Ce ne sont pas des esclaves. Tout se fera dans le dialogue et en responsabilité. En Église, ce sont des communautés de personnes libres envoyées pour libérer tous ceux et celles qui sont enchaînés. Ils ont fait vœu d’obéissance.
Je suis sûr qu’en me lisant vous rejoignez par la pensée ces hommes et ces femmes que vous rencontrez au milieu de vous. Avec toutes leurs faiblesses, ils nous rappellent que le chemin du bonheur est d’accueillir l’absolu de l’amour manifesté en Jésus Christ. Ce sont des hommes et des femmes de prière. Jésus est leur unique nécessaire.
Quelquefois, je me demande si nous les connaissons bien. Je souhaiterais que cette journée mondiale de la vie consacrée nous invitent tous à mieux rencontrer et connaître ces témoins de l’absolu. Ils ne s’imposeront pas. Souvent leur grâce est de se faire deviner comme une lumière qui prépare l’aurore.
Comme vous le savez peut-être, en septembre, nous accueillerons une communauté de trois religieuses indiennes. Elles seront même quatre au début. Venues de Pondichéry, ce sont les sœurs franciscaines du Cœur Immaculé de Marie. Elles résideront à la maison diocésaine. Présence de prière et d’accueil. Partage de la mission dans l’agglomération auxerroise. Elles ont été fondées au milieu du dix-neuvième siècle par un prêtre né à Sens le 18 août 1806, le père Louis-Savinien Dupuis, des Missions étrangères de Paris. Et c’est pour cela que leur mère supérieure est venu nous voir : « Nous sommes présentes en Inde, un peu en Italie et en Afrique, nous aimerions tellement venir dans le diocèse de notre fondateur ! » Bien sûr, mes sœurs, nous sommes heureux de vous accueillir. Vous serez ici chez vous !
+Yves Patenôtre