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Il nous délivre du mal (éditorial d’EdY n° 7)

Pour toutes nos communautés chrétiennes, la nuit de Pâques est un temps fort, un temps de fondation ou de refondation. À travers les gestes et les symboles (la lumière, l’eau) ; à travers la lecture de la Parole de Dieu ; dans le partage de l’Eucharistie enfin, nous "visitons" notre foi et nous prenons la mesure du don de Dieu : Dieu nous donne la vie, Il nous propose d’être unis à lui, et enfin Il nous sauve. Ce mot, et cette réalité — le "salut" — sont sans doute les plus difficiles à comprendre. De quoi Dieu nous sauve-t-il, et comment nous sauve-t-il ? Le lecteur de la Bible a rapidement la réponse à la première question : comme chacun d’entre nous, les hommes de la Bible sont confrontés à la réalité du mal. Le mal qui vient d’une certaine manière "habiter" notre vie — le mal que nous faisons, parfois presque malgré nous, le mal que nous subissons. Le mal individuel, et le mal collectif, quand toute une société se laisse entraîner vers l’injustice ou vers la violence — le XXe siècle en a fourni de trop nombreux exemples. Oui, notre vie est comme "barrée" par cette réalité du mal, dont parfois nous n’osons pas parler. C’est cette réalité que le Christ vient affronter en face. Il vient l’affronter à nos côtés, et il nous fait ainsi comprendre que dans ce combat mystérieux, c’est Dieu lui-même qui se fait solidaire de nos existences.

Le récit de la passion nous raconte la confrontation à mort entre l’homme Jésus, qui a choisi d’aimer jusqu’au bout, et tous ceux — les chefs, les dirigeants qui le condamnent — qui refusent cette perspective de l’amour au nom d’intérêts particuliers.

Il est ressuscité ! C’est le chant que nous proclamerons dans la nuit de Pâques. Le Père l’a relevé, montrant ainsi que, contre toute logique, l’amour, dans sa fragilité, a triomphé du mal et de la mort. Oui c’est bien dans ce mouvement d’amour et de don de soi que le Christ ressuscité veut nous entraîner, car là seulement réside notre bonheur. L’amour gratuit du prochain, plutôt que la défense d’intérêts particuliers ; le don de soi plutôt que le repli sur soi. Rencontrer le Christ, c’est rencontrer la Parole de Dieu, Parole d’amour devenue chair : c’est rencontrer Celui par qui l’amour triomphe finalement du mal dans nos vies, comme dans la vie du monde.

Il nous délivre du mal. C’est finalement cette Bonne Nouvelle qu’il nous appartient d’annoncer au monde, dans tous les lieux où nous sommes envoyés : auprès des familles en deuil, des fiancés, des enfants, des jeunes, des personnes âgées, des malades. Le dernier Conseil diocésain de pastorale a permis de réfléchir d’une manière approfondie aux modalités de l’annonce de cette Bonne Nouvelle du Christ dans l’Yonne. Vous en trouverez le compte rendu, joint à ce numéro d’EDY. Laissons la Bonne Nouvelle de la résurrection rejoindre et pénétrer notre propre vie ; ayons à cœur d’en être les porteurs, les responsables.

P. Olivier Artus, Vicaire général

 

 

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