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Habiter le “temps ordinaire” (éditorial d’EdY n° 3)

Depuis le début du mois de janvier, nous sommes entrés dans le “temps ordinaire” de l’année liturgique A, et dans la lecture de l’Évangile de Matthieu. Cette dénomination - temps ordinaire - n’a rien de très attrayant. Nous sommes à distance de la célébration de l’Incarnation et de celle de la Résurrection, au cours desquelles nous visitons, chaque année, le cœur même de notre foi et du mystère chrétien.

Et pourtant, c’est bien dans le temps ordinaire que nous sommes “attendus”. De même que le peuple d’Israël, dans son exode, après avoir rencontré Dieu sur la montagne du Sinaï, a dû reprendre la route et se confronter à l’ordinaire et à la pénibilité de la vie quotidienne, de la même manière, après avoir “visité” à Noël le cœur de notre foi, il nous est demandé maintenant d’ “habiter” le temps ordinaire.

Habiter le temps ordinaire, c’est tout d’abord prendre au sérieux notre vie quotidienne. Nous pourrions être tentés de mépriser quelque peu un quotidien où il ne se passe “rien d’extraordinaire”, et de concentrer notre attention sur quelques temps forts. Mais c’est bien dans l’ordinaire des jours qui se succèdent que notre foi est mise au défi : c’est là que se joue notre fidélité, en tous domaines. Fidélité à des tâches pas toujours gratifiantes, mais qui sont nécessaires à la vie de toute la communauté à laquelle nous appartenons : ce numéro d’EDY fait le bilan 2010 du denier de l’Église. Derrière ces chiffres un peu abstraits se cache l’effort de dizaines de volontaires qui, au jour le jour, permettent à l’Église de trouver les ressources dont elle a besoin pour la mission. EDY évoque également la vie de l’association des parents d’élèves de l’enseignement libre (APEL). Ici aussi, des dizaines d’anonymes contribuent à une présence chrétienne dans le service de l’éducation. Un peu plus loin, le témoignage de la société Saint-Vincent-de-Paul nous rappelle l’engagement discret de nombreux chrétiens dans la solidarité, au service de la société tout entière. Au jour le jour, nous nous mettons au service les uns des autres pour que l’Église puisse remplir sa mission dans la société. Cet Esprit de service est au cœur de la “vie ordinaire” de l’Église. Il nous est transmis par le Christ, lui qui s’est fait le Serviteur de tous (Philippiens 2,7). Seule la force du Christ nous permet de “tenir” avec endurance dans le temps ordinaire, au milieu des péripéties de toutes sortes qui marquent la vie de nos communautés, comme celle de nos familles et de notre société.

Comment mieux comprendre et mieux faire connaître cette réalité du service quotidien du prochain qui est au cœur de la vie de nos communautés, et qui est le prolongement de l’annonce de la Parole de Dieu et de la célébration des sacrements ? Cette question est au cœur d’une initiative prise par l’Église de France – Diaconia 2013 – qui va mobiliser nos communautés jusqu’en 2013, pour qu’elles prennent la mesure de cette réalité du service du frère, qui irrigue toute la vie de nos diocèses. Le “temps fort” de 2013 permettra de mieux mettre en lumière une des richesses essentielles du “temps ordinaire” que nous vivons : l’engagement, au jour le jour, au service du prochain, au nom du Christ.

Olivier Artus, vicaire général

 

 

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