"Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre." C’était l’invitation de Jésus à ses Apôtres au jour de l’Ascension.
Plus de vingt siècles après l’apôtre Pierre, son successeur Benoît XVI vient de témoigner en Terre Sainte du Christ ressuscité. Et il y est venu avec les mêmes paroles : “La paix soit avec vous”.
Au jour où j’écris cet éditorial, le pèlerin de la paix poursuit sa route. Rencontrant les uns et les autres dans leur diversité et leurs différences, il est accueilli chaleureusement. Il souhaite le dialogue, la communication, la rencontre, l’estime. Ce sont les bases essentielles pour la construction d’un monde où règnent la justice et la paix. De très belles images nourrissent notre méditation. Ainsi, ce pape d’origine allemande qui se recueille à Yad Vashem dans le souvenir des millions de juifs exterminés dans les camps de la mort : quel appel à la réconciliation pour fuir les folies de la haine et de la violence !
En toutes ces rencontres se manifeste le respect de l’autre. J’apprécie beaucoup le terme de respect. Je le préfère à celui de tolérance qui rime toujours un peu avec condescendance ou suffisance.
Bref, en regardant toutes les images de ce pèlerinage et en constatant la bonne volonté des uns et des autres, comment ne pourrait-on pas souhaiter qu’advienne enfin la paix au pays de Jésus ! Tous les religieux et les politiques qui se sont exprimés se sont situés, avec le pape, en serviteurs de la paix. Tous ont redit que la religion ne pouvait servir la violence. Alors ? Alors je crois bien qu’il ne faut pas attendre que la paix se réalise là-bas si nous ne la commençons pas ici. Bien sûr, il nous faut être présent à tout ce qui se réalise en fait d’œcuménisme ou de dialogue interreligieux. Et nous ne pouvons que nous encourager à y participer. Mais il s’agit aussi d’aller au cœur de nous-même. Si nous ne faisons pas la paix en nous, elle ne pourra pas se réaliser autour de nous.
C’est en allant au cœur de la foi, dans la rencontre de Dieu, que l’on trouvera la source de la paix. Si nous n’avons pas de vie spirituelle un peu sérieuse, nous ne parviendrons pas à devenir artisans de paix. Nous connaissons le psaume : « Si le Seigneur ne bâtit la maison, vaine est la tâche des maçons … »
Il ne s’agit pas de rêver la paix chez les autres sans d’abord la réaliser en soi-même, sachant que c’est un fruit de l’Esprit et un don de Dieu.
Ce numéro d’EdY nous invite à la communication. La connaissance de toutes les techniques est non seulement importante mais essentielle. Communiquer c’est faire œuvre de paix.
+Yves Patenôtre