Le temps des bilans
Bonne année. Cette formule, vous l’avez répétée bien des fois ces jours derniers. Le début d’une nouvelle année, c’est aussi le moment de faire le bilan de l’année écoulée afin de rendre grâce pour les événements heureux et les rencontres dont nous avons été témoins, mais aussi réfléchir sur les décisions que nous devons prendre afin de changer ce qui ne va pas. Et là, les choses se compliquent car nos choix comporteront toujours une part d’ambiguïté : il n’y a pas le bien d’un côté et le mal de l’autre.
1999-2009 dans le diocèse
Personnellement, j’ai essayé de faire un bilan des dix dernières années en regardant le nouvel annuaire diocésain . Pour faire face à cette situation et afin que notre Église diocésaine continue de rassembler un peuple croyant qui puisse être témoin de Jésus et poursuive la prédication évangélique, un certain nombre de décisions ont été prises : création des ensembles paroissiaux et des équipes d’animation paroissiale, formation des chrétiens laïcs, constitution d’équipes d’obsèques, embauche de permanents laïcs au service de l’évangélisation des jeunes, ordination de diacres, adaptation de la catéchèse…
Des conséquences diverses
D’autres décisions n’ont pas été suivies pour le moment de beaucoup d’effets : je pense en particulier aux vocations. Si ces changements ont apporté une nouvelle vitalité à notre Église diocésaine, malgré la diminution du nombre des prêtres, ils ont aussi été cause de difficultés ; j’entends souvent des critiques : « Il n’y avait pas de prêtre à l’enterrement de mon père… — Je suis obligé maintenant de faire 40 kilomètres le dimanche pour aller à la messe… — J’ai voulu faire baptiser mon enfant, on m’a imposé une date ! — C’est devenu difficile de rencontrer notre curé : il court toujours. — Je m’engagerais bien, mais les responsabilités qu’on nous confie sont vraiment trop lourdes et j’ai peur de ne pas avoir le temps de le faire correctement. »
Des choix toujours “risqués”
Cela m’amène à une double conclusion : la première, c’est que les choix sont toujours difficiles, et que la plus mauvaise solution devant un problème est de ne rien faire. Il faut, avec l’aide de l’Esprit Saint, s’engager dans la voie qui nous semble la meilleure, “risquer” même si nous entrevoyons des difficultés. La seconde conclusion est qu’une fois le choix fait, il faut persévérer, tout en regardant attentivement les évolutions et modifications à apporter en fonction de la situation. Lors de la dernière rencontre du CCFD un débat m’a apporté une excellente illustration de ce propos. Un membre du bureau a répercuté un plaidoyer national pour l’arrêt des agro-carburants, qui contribuent à augmenter la famine dans le monde et sont cause de déforestation massive. Or des agriculteurs icaunais présents dans la salle ont expliqué que ces agro-carburants ont été lancés pour lutter contre la pollution et pour utiliser les terres actuellement en friche en Europe. Ils ont montré qu’au départ c’était une volonté commune des écologistes et des coopératives agricoles ; on n’avait absolument pas prévu ce qui se passe aujourd’hui.
Persévérer avec discernement
Comme quoi un choix peut donner des résultats positifs, mais aussi des “effets pervers”. Devant une telle situation, il ne faut sûrement pas tout arrêter sans réfléchir (je pense aux investissements lourds comme l’usine d’éthanol du Mériot à côté de Nogent-sur-Seine), mais il est indispensable de voir comment on peut réduire les effets négatifs, et donc faire évoluer les décisions prises.
L’exemple vécu au CCFD m’a fait penser à notre Église diocésaine : il nous faut persévérer dans la voie que nous avons prise, mais en même temps être attentifs aux aménagements que nous devons apporter.
Robert Lechien