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État d’ivresse (éditorial d’EdY n° 10)

Il est beaucoup question des “apéros géants” ces temps-ci. Les invitations arrivent par Facebook. C’est dire l’importance de l’univers de la “toile”. C’est un monde jeune, touffu et anonyme, en quête de rencontres et de convivialité. Je comprends que les pouvoirs publics désirent en assurer la sécurité. Il y a déjà eu mort d’homme.

Avant de juger, il est important de discerner pourquoi l’expérience fonctionne. Voici un univers qui a envie de faire la fête et de se rencontrer. Même si l’on ne peut accepter les excès, dans la grande tradition française, les fêtes sont souvent occasions de trinquer en prenant un verre. En Bourgogne, nous ne renions pas les Saint-Vincent. Elles permettent d’honorer le travail des viticulteurs. C’est tout un art de savoir élever un vin pour offrir le meilleur. Pourquoi ne pas offrir toutes les richesses de patience et de savoir-faire, d’inventivité et de création au Créateur de tous biens ? Je sais aussi que l’on peut faire la fête sans boire d’alcool et je salue ici toutes les initiatives de ceux et celles qui permettent à des hommes et des femmes atteints par cette addiction de se rencontrer pour s’en sortir.

Mais pour les "apéros géants", je ne sais même pas ce qu’il s’y boit. Je ne suis pas sûr que ce soit du vin. Lorsque j’entends comment des jeunes se remettent à boire, je ne peux que rejoindre ce qu’écrit Monseigneur Michel Santier, évêque de Créteil : "Voir ou savoir que des jeunes, des très jeunes, éprouvent le besoin de boire jusqu’à risquer leur vie dans un coma ou un accident, imaginer leur retour à la réalité et leur malaise après un ‘binge drinking’ me fait souffrir en tant qu’homme, en tant que baptisé, en tant que pasteur ! »

Alors, en, ce lendemain de Pentecôte, alors que nous avons encore sous les yeux l’événement de Jérusalem où dans la force de l’Esprit les Apôtres sont sortis de leur peur pour porter la Bonne Nouvelle de Jésus à toutes les nations et dont on a supposé qu’ils étaient ivres (!), je trouve que notre Église a la responsabilité de proposer au monde d’aujourd’hui, et en particulier aux jeunes, d’autres ivresses que celles de la facilité ou de la médiocrité. Je suis persuadé que les jeunes ont besoin d’absolu. Il ne faut pas leur proposer de la piquette frelatée.

Lisez ce numéro d’EdY, vous verrez toutes les initiatives qui se prennent ici ou là dans le diocèse. Tous les âges de la vie sont en fait concernés. Tout ce qui s’y vit de beau et de fort est habité par une rencontre commune : celle du Christ ! Vous savez, ce Jésus qui la veille de sa passion a pris le pain et le vin, corps livré et sang versé par amour, pour que le monde ait la vie.

Oui, beaucoup d’événements de la vie de tous les jours ne me donnent pas d’abord envie de juger, mais de comprendre, pour proposer la Bonne Nouvelle de Celui qui est le Sauveur du monde.
Nous allons vivre encore de beaux rassemblements dans les jours qui viennent. Ne manquons pas ces moments de rencontres qui redonnent goût à la vie !

+ Yves Patenôtre

 

 

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