Pendant les vacances, deux pèlerinages diocésains ont marqué la vie de notre Église diocésaine. J’ai apprécié la mobilisation des uns et des autres. Nous avons été nombreux à Vézelay et à Lourdes. C’est un signe. Les chrétiens comprennent que l’on ne peut faire Église tout seul. Ce serait un non-sens. Il s’agit de se mettre en marche avec d’autres. La rencontre du Christ ressuscité me provoque à rencontrer les autres membres de l’Église. À faire route avec eux. Il n’y a pas de christianisme individuel et portatif ! On ne peut prier le « Notre Père » en évitant les frères et sœurs qui le prient en même temps ! C’est en ce sens-là aussi que j’ai beaucoup apprécié la rencontre des prêtres à Vaulichères. Dans leurs différentes sensibilités, ils ont pris le temps de se parler et d’échanger ensemble. « On reconnaîtra que vous êtes mes disciples à l’amour que vous avez les uns pour les autres… »
A Lourdes, nous avons vécu dans l’intergénérationnel. Il y avait un groupe de jeunes si important qu’il a fallu louer un car supplémentaire ! Ils ont vraiment été acteurs dans le pèlerinage. Plusieurs célébrations leur avaient été confiées. Ils ont vécu cela avec naturel et profondeur. Des jeunes d’aujourd’hui prennent le temps de s’interroger sur ce qu’ils vivent ou sur la vie et la mission de l’Église. Arrêtons de dire « les » jeunes ceci ou « les » jeunes cela. Il y a « des » jeunes. Et ceux de Lourdes ont donné un beau témoignage de jeunes dans une Église d’aujourd’hui. La rencontre avec les malades et les personnes portant un handicap les ont forcément aidés à donner de l’importance à l’essentiel. On ne peut revenir de Lourdes comme on y est venu ! On ne peut recevoir le témoignage de la petite Bernadette (1,42 m) et vouloir continuer de jouer dans la superficialité ou la médiocrité. J’espère que tout cela fera naître des vocations !
Le “groupe des familles” innovait cette année. Dans un grand chalet, à quelques kilomètres de Lourdes, ils ont vécu ensemble. Vraiment comme une réunion de familles, parents et enfants. Ils se joignaient bien sûr aux célébrations du pèlerinage. À voir la joie des participants, je suis sûr que cette initiative aura des suites. Bravo à ceux et celles qui en ont eu l’idée !
Il y avait un bon “Groupe espérance” à la Cité Saint-Pierre. Chacun est venu avec sa propre histoire, blessé d’une manière ou d’une autre par les réalités d’une vie difficile. Il s’agissait d’entrer dans une démarche commune. Chacun a été accueilli tel qu’il était. Il a été entendu et écouté. Respecté. Si vous aviez vu leur joie d’être ensemble ! Une petite excursion a permis à certains de voir la montagne pour la première fois ! L’une des participantes a eu une expression forte : « J’étais venu ici avec un rocher à la place du cœur ». Sans doute les blessures sont encore là. Il faudra du temps pour que tout se cicatrise. Mais qui dira tous les miracles de Lourdes ?
Je serai de nouveau à Lourdes bientôt pour célébrer le 150e anniversaire des apparitions avec le pape Benoît. Je ne sais ce qu’il nous confiera. Je suis sûr que cela va nous aider à bien lancer l’année pastorale dans le diocèse. Unis dans nos différences d’âge et de sensibilité, nous allons être invités à témoigner de l’Évangile, en Église, dans la différence de nos vocations.
Car cette “rentrée” n’est pas une rupture après un temps mort, elle est à vivre dans l’élan de ces temps forts vécus pendant les vacances ! Pour nourrir notre foi et nous permettre de mieux vivre les responsabilités qui nous sont confiées, le livret joint à ce numéro d’EDY présente différentes propositions de formations, en diocèse ou en paroisse. N’hésitez pas à y participer, ou à faire connaître vos souhaits à votre curé, à votre responsable de service ou à l’équipe diocésaine de formation permanente, afin que nous puissions nous donner les moyens de progresser, en marche dans l’espérance vécue ces jours.
+ Yves Patenôtre
