En fait, tout s’est passé simplement : « Arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car ce n’était pas leur place, pour eux, dans la salle commune » (Lc 2,6-7). Ils ont désiré garder jusqu’au bout le secret de cette irruption amoureuse d’un Dieu qui ne vient pas donner des choses mais se donner Lui-même. Un Amour qui aimera jusqu’au bout. Les langes du nouveau-né annoncent les bandelettes qui entoureront le corps du crucifié. La lumière qui enveloppe les bergers annonce la gloire resplendissante du Ressuscité.
Alors que nous célébrons, avec les bergers et les mages, la grâce de Noël et de l’Épiphanie, j’aimerais nous souhaiter de toujours trouver, au cœur de la simplicité de nos vies, dans l’ordinaire des jours, la réalité de cette Présence qui est venu nous rejoindre. Être chrétien, c’est reconnaître que Dieu lui-même, en Jésus, est venu nous exprimer tout son Amour. Les quatre évangiles viennent nous raconter le visage de Dieu. C’est le témoignage des premiers disciples qui l’ont vu vraiment : « Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché, c’est le Verbe, la Parole de vie » (1 Jn 1,1).
Nous ne sommes pas « une religion du Livre ». Les évangiles ne sont pas des récits de sagesse qui nous donneraient à penser ou à méditer. Ils veulent nous inviter à reconnaître et à aimer le visage de ce « Dieu qui a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3,16), à vivre avec Lui, pèlerins d’Emmaüs au cœur de ce monde. Le reconnaissant à la table de l’Eucharistie. C’est dans sa lumière que nous voyons la lumière…
Les fêtes de fin d’année débordent de lumière. Cela reflète sans doute ce besoin de chaleur, de tendresse, d’intériorité, de sens que tout être humain porte en lui. Ce numéro d’EDY nous relate justement l’accueil de la Lumière de Bethléem portée par les scouts. Ceux et celles qui reviennent du pèlerinage en Terre Sainte en ont encore plein les yeux de ces lieux qui ont accueilli celui qui est la Lumière du monde.
Et puis à Auxerre, il y a eu cette marche de la paix à travers les rues. Catholiques, Protestants et autres pèlerins de bonne volonté portaient un message de lumière. La passerelle scintillait de toutes les bougies allumées. Au moment où nous avons traversé l’Yonne, une averse s’est mise à tomber. Forte et froide. J’y ai vu un symbole. La vie n’est jamais un long fleuve tranquille. Les petites flammes se sont éteintes. Mais d’autres lumières naissaient dans les regards lumineux de tous ceux et celles, jeunes et moins jeunes, qui se savaient porteurs d’une espérance.
Je vous souhaite une belle année, habitée par la lumière et la présence de Celui qui est né, entouré par Marie et Joseph de silence et d’adoration, au cœur de la nuit.
Mgr Yves Patenôtre