Pour sa cinquième édition, à l’initiative de l’association Théodore de Bèze, la rencontre interreligieuse de Vézelay semble avoir trouvé le nouveau souffle qu’elle recherchait l’année dernière : plus d’une cinquantaine de participants, avec une ouverture au bouddhisme.
Comme chaque année, les festivités ont commencé par un repas fraternel au Centre Sainte-Madeleine, introduit par la bénédiction juive récitée par M. Simon Sibony, rabbin à Dijon.
Les présentations ont permis de découvrir la grande diversité des participants, tant par leurs nationalités (Français, Suisses, Belge, Portugais, Irlandais, Écossais) que par leurs sensibilités religieuses (chrétiens des trois confessions, juifs, musulmans, moines zen, agnostiques, personnes en recherche…). M. et Mme Baudart, moines zen depuis 45 ans, ont expliqué la démarche du bouddhisme zen et l’histoire de son implantation dans l’Avallonnais.

Après une courte nuit, rendez-vous à 6h30 pour la prière du matin. Les conditions climatiques n’ayant pas permis de la vivre, comme l’an passé, sur la terrasse de la basilique au soleil levant, ce sont les voûtes de la très belle salle Maurice Clavel qui ont accueilli textes, musiques et chants de chaque religion dans une atmosphère de profond recueillement.
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| Les fraternités de Jérusalem | M. le rabbin de Dijon | Le P. François Tricard |
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| Mme la pasteure
Marianne Huntziker |
Frère Jean, orthodoxe | Dr Nacer Khalfi |
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| Dr Mohamed Haouat | Intermèdes musicaux | |
Le temps d’un petit-déjeuner réconfortant, et nous voici prêts pour écouter les conférences qui, vu le thème choisi, ne pouvaient que souligner de nombreuses convergences.
Ce thème de la lumière et des ténèbres est une constante dans toutes les religions de la terre, et notamment dans nos trois monothéismes.
Fr. Michel Caille, M. Simon Sibony, Dr Mohamed Larbi Haouat, P. François Tricard
M. le rabbin Sibony a centré son intervention sur la menorah – chandelier à sept branches présent aux côtés de l’arche d’alliance lors de la marche du peuple hébreu dans le désert puis dans le Temple de Jérusalem – et sur la fête de Hanoukka, fête de la lumière. Toutes deux sont symboles de la lumière de Dieu, dans la certitude qu’un jour viendra où cette toute petite flamme se transformera en un immense foyer.
Mgr François Tricard nous a proposé un parcours fulgurant sur la lumière et sur le feu dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Le feu est tantôt le signe de la présence divine, tantôt vecteur de mort et de destruction, tantôt moyen de purification. Et la lampe, celle que nous ne devons pas mettre sous le boisseau, apprivoise le feu pour le transformer en lumière régulière et efficace. Ta parole est la lampe de ma route (Ps. 118).
Frère Michel Caille, franciscain, nous fit ensuite découvrir la spiritualité de Jean Scott Erigene, philosophe et théologien irlandais du IXe siècle. À travers la contemplation à la fois de la nature et de l’Écriture sainte, cet auteur nous offre une très belle méditation du prologue de l’évangile de Jean : Le Verbe était la vraie lumière…
Le Dr Mohamed Larbi Haouat a rappelé que le Coran se situe dans la continuité de la tradition biblique.
Le mot “lumière” y figure 50 fois, le mot “feu” 145 fois – notamment
pour nous inviter à ne pas tomber dans la géhenne de feu. Et il a développé la notion de Jihad intérieur, lutte que nous devons tous vivre
pour permettre à la part lumineuse qui est en nous de triompher sur la part de ténèbres. M. Sibony se faisait une joie de rapprocher un certain nombre de mots arabes cités par M. Haouat de leurs équivalents
hébreux.
Nous n’avons malheureusement pas pu profiter de l’intervention de Mme Marie-Odile Miquel, pasteure réformée à Auxerre, absente pour raison de santé, qui devait nous parler de l’œuvre de Jean Calvin.
Les participants qui le pouvaient ont prolongé cette rencontre en allant découvrir le ginko biloba planté il y a deux ans sur le chemin de ronde, et devant lequel a été apposé récemment la plaque :
Arbre de la paix Juifs, chrétiens, musulmans en dialogue
Rendez-vous donc l’année prochaine !







