Prière, cette présence dans un immeuble,
au simple contact des hommes et femmes
lointains ou proches de toi, parce que nous sommes ici
pour témoigner que tu es vivant, Seigneur.
Prière, cette astreinte au travail,
horaires fixes et salaires minimum,
pour partager le lot commun en ton nom, Seigneur.
Prière, l’accueil de ceux qui, souffrants,
cherchent réconfort et compréhension,
certes auprès de nous, mais, au-delà de nous-mêmes,
en toi Seigneur, que nous voulons rendre proche.
Prière aussi, ce temps passé douloureusement
sur un trottoir d’usine avec ceux que l’on veut licencier
et qui crient leur droit de vivre,
ou près de cette malade qui attend chaque semaine notre visite.
Prière, l’offrande de ma faiblesse,
de tant d’incapacité à aimer vraiment,
de tant de refus de me donner.
Prière, oui, Seigneur, car je crois à ton amour
qui me prend dans cette faiblesse même.
Oui, prière toute cette vie banale, Seigneur,
parce que je désire à chaque instant me tenir devant toi.
je suis sûr, Seigneur, que ta main me conduit
comme elle conduit ton peuple,
tous ceux de la ville au milieu de qui je vis.
Bruno Nenert, extrait de "Prier dans les villes", éd. Foi Vivante
EdY n° 10, 2008