
Lancés par les frères franciscains de Toulouse fin 2007, les cercles de silence sont le témoin d’un renouvellement de la mobilisation en faveur des sans papiers. Leur caractère silencieux et non violent vise à interpeller les consciences et à transformer les mentalités, à côté d’autres modes d’action plus ponctuels ou recherchant l’efficacité à court terme. Les cercles de silence se sont démultipliés au cours de l’année passée : aujourd’hui, 100 villes sont concernées en France. Leur force : rassembler des personnes issues d’horizons très variés (associatif, ecclésial, éducatif, médical, politique, syndical, etc.) autour d’objectifs communs.
Vous pouvez télécharger la conférence de fr. Alain, franciscain de Toulouse, présentant cette démarche.
Le cercle de silence d’Auxerre va fêter son premier anniversaire... avec quelque regret, puisque le but d’une telle action est de devenir le plus rapidement possible obsolète ! Prochain cercle : 31 mars 2009.
Témoignage d’un Icaunais
Un Icaunais, ancien responsable d’un centre Emmaüs, nous fait part de son indignation après l’interpellation d’un compagnon d’Emmaüs de Pontigny :
« Je vous fais part du choc que je ressens vis-à-vis de ce qui s’est passé récemment à Auxerre concernant un compagnon Emmaüs. Je rappelle ici les faits pour la compréhension de mon propos.
Un homme Angolais, sans papier, handicapé et suivant un traitement médical lourd, s’est rendu à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie pour bénéficier d’une aide médicale. Après ½ heure d’attente, les gendarmes sont venus l’interpeller.
La délation, par un agent de la sécurité sociale, n’a heureusement pas permis son expulsion, mais je reste interdit à l’idée que notre pays manque, à ce point, à l’accueil élémentaire d’un étranger en situation aussi délicate. Toutes les raisons du monde sur le caractère illégal de sa présence parmi nous, ne peuvent valoir qu’on en vienne à un tel mépris de la personne humaine. Durant les années 80, j’ai dirigé un établissement appartenant au Mouvement Emmaüs ; les conditions d’accueil à l’époque étaient relatives à un manque d’emploi pour la plupart, étant tous français par ailleurs. Pour les papiers les plus simples, carte d’identité ou droits aux soins, les communautaires étaient loin d’être en règle. Une part de leur dignité se trouvait dans l’acquisition des ces papiers, mais ce n’était pas la part essentielle ; il n’y avait qu’à voir combien ils se contentaient de ce problème administratif ! Leur dignité était retrouvée lorsque, accueillis sans qu’on leur pose question, ils bénéficiaient d’un repas et d’un lit, à condition de se mettre au travail, dans le tri de métaux, de cartons, de vêtements …
Cet homme venait chercher l’Aide Médicale d’Etat, l’AME : il en manque sérieusement ! »
Signé : Yves Scalabrino
| il vient à la Sécu d’Auxerre demander une A.M.E.
(aide médicale de l’État) On lui répond par un A.M.E. (arrêté ministériel d’expulsion) Qui a dit que l’État n’avait pas d’âme ? |
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