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Boutissaint : Sainte-Langueur

Fondé dans la seconde moitié du XIIe siècle par les chanoines réguliers de Saint-Augustin venus de l’abbaye Saint-Satur de Sancerre à l’initiative de Narjot, seigneur de Toucy, le prieuré Notre-Dame de Boticen, qui passa ensuite sous la dépendance de Saint-Amatre d’Auxerre, n’est peut-être pas étranger au culte de sainte Langueur, mais rien ne l’atteste de façon formelle, puisque les derniers religieux quittent les lieux à la fin du XVIe siècle, tandis que la plus ancienne mention connue de ce culte ne remonte qu’au XVIIIe.

Si nombre d’auteurs se sont interrogés sur l’identité de cette figure de sainteté, souvent mentionnée sous le nom masculin de saint Langueur, parfois assimilé à saint Lazare, cet ami que le Christ ressuscite, en raison des langueurs qui précèdent la mort, ou encore à un obscur moine (sanctus Langorius) vénéré dans les églises de Crain et d’Escamps, il paraît certain qu’il s’agit en réalité ici d’une dénomination locale de la Vierge, en l’occurrence de Notre-Dame des sept douleurs, dite aussi des sept langueurs, expression déformée en sainte Langueur dans le patois local. Ce culte est attesté dans l’église paroissiale Saint-Symphorien de Treigny, où un autel du déambulatoire, consacré vers 1830 et orné d’une belle Pietà sculptée est encadré de l’inscription peinte suivante : Salut des malades, ayez pitié de nous. On y fondait jadis des messes en faveur des personnes affectées par la maladie.

Cette même dévotion et ces mêmes vœux s’attachent, sur le site de Boutissaint, à la statue en bois de la Vierge de compassion (XVIIe siècle ?) aujourd’hui placée dans l’édicule érigé au-dessus de la fontaine Sainte-Langueur. Elle provient de la chapelle qui existait autrefois à cet emplacement et fut détruite en 1902. C’est cette fontaine qui fait l’objet de toute l’attention des pèlerins qui viennent à Boutissaint le 15 septembre, jour de la fête de Notre Dame des Sept Douleurs, ou bien le dimanche qui en est le plus proche. L’eau en est en effet réputée salutaire et les fidèles viennent y plonger des linges qui seront ensuite appliqués aux malades, ou les font bénir sur place. En 1866, l’érudit archiviste de l’Yonne, Max Quantin, mentionne la présence de nombreux malades qui viennent à Boutissaint ; un siècle plus tard, vers 1970, le curé de Treigny compte encore environ 150 à 200 pèlerins au jour du pèlerinage.

P. Wahlen

 

 

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