Les vacances sont finies. Le soleil du mois d’août a dû réjouir beaucoup de celles et ceux qui ont pu partir pendant ce temps ; mais aujourd’hui (1er septembre) le temps s’est couvert et
la pluie est arrivée, comme pour nous rappeler que c’est la rentrée : chacun va reprendre son travail.
Dans les paroisses aussi, voici venu le temps des diverses rencontres pour lancer l’année ; mais il y a des endroits où ces réunions vont prendre une importance plus grande que prévue : en effet, pendant le mois d’août deux prêtres qui étaient curés sont décédés : le père Henri Dubois qui était curé de Champlost et des villages environnants, et le Père Bernard Feitz qui était curé des ensembles d’Appoigny- Monéteau, Chevannes et Saint-Georges. Dans ces paroisses, des chrétiens se sont réunis, d’abord pour accompagner leur pasteur dans ce grand passage vers le Père, puis pour organiser les mois qui viennent, en étant conscients qu’il faut que la paroisse trouve en son sein les forces nécessaires. Un prêtre sera nommé… mais il devra assumer ce service en plus de ce qu’il fait actuellement, et aura donc moins de temps à consacrer à ces paroisses.
Je rends grâce au Seigneur, car, pour le moment, je n’ai rencontré ni résignation, ni découragement de la part des chrétiens rencontrés : "Il faut qu’on s’organise", disent-ils.
Je vous dis cela au moment où quelques-uns ont pu se décourager en lisant l’enquête de pratique religieuse parue au mois d’août dans le journal Le Monde : le nombre des Français qui se disent catholiques est en baisse continuelle, et le nombre des pratiquants aussi. Comme m’ont dit certains chrétiens : « On n’avait pas besoin de cette enquête : on le voit bien chez nous : il y a de moins en moins de monde à la messe ! »
Je portais toutes ces questions en moi, quand, dans un récent pèlerinage, j’ai entendu le témoignage d’une jeune femme qui se préparait à faire ses voeux définitifs chez les soeurs xavières. Quelqu’un lui a demandé comment elle en était arrivée là. Elle a calmement expliqué qu’elle avait laissé de côté toutes les questions religieuses à l’âge de 12 ans, et que cela ne lui posait plus aucun problème. À l’âge de 20 ans, alors qu’elle poursuivait ses études dans une école d’ingénieurs, une de ses camarades l’a un jour invitée à faire une route de pèlerinage ; sa première réaction fut de se dire : "Tiens, il y a donc encore des gens intelligents qui se disent chrétiens et pour lesquels cela paraît important." Lors de ce pèlerinage, elle a rencontré une soeur xavière, et c’est avec elle qu’elle a cheminé ensuite vers la foi.
Je me suis dit que, devant la diminution de nos assemblées, il nous faut "proposer la foi". Certes, nous essayons de le faire dans de grands rassemblements ou à l’occasion de certaines célébrations ou assemblées ; c’est nécessaire et il faut continuer. Mais il faut aussi que cette proposition se fasse dans une rencontre personnelle : comme cette étudiante qui a pris le temps, un jour, de parler à sa camarade d’études pour témoigner de sa foi et l’inviter à une rencontre. Nos assemblées se renouvelleront si chaque chrétien se sent responsable de l’annonce de la foi, en commençant par celles et ceux qui nous sont proches.
Robert Lechien