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Archives 2008

Allons z’enfants (n° 13)

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Lors d’une récente célébration de confirmations nous avons invoqué l’Esprit-Saint en chantant le Veni Creator. En fait, nous avons gardé la mélodie, traditionnelle et splendide, mais les paroles étaient une traduction en français : « Viens Esprit créateur nous visiter… » J’apprécie beaucoup cette hymne en latin, mais là, je dois avouer que c’était aussi très beau. Les jeunes chantaient et comprenaient ce qu’ils chantaient.

Ce n’est pas la première fois que j’entendais des paroles nouvelles sur un air connu. Ce n’est pas toujours facile à réaliser. Je suis sûr que vous connaissez plusieurs exemples. On retrouve cela dans les mélodies anciennes reprises pour le chant des Psaumes.

En tout cas, et j’écris cela à la veille de la Fête Nationale du 14 juillet, s’il y a un hymne patriotique dont on pourrait garder la musique et changer les paroles, c’est bien La Marseillaise !

Lorsque j’étais évêque dans le Jura, des Lédoniens - habitants de Lons-le-Saunier, ville natale de Rouget de Lisle – m’avaient proposé un autre texte pour notre hymne. Ils étaient fiers de leur compatriote et de la vigueur entraînante de sa musique, mais ils ne pouvaient plus en chanter les paroles. Elles étaient d’un autre âge.

Je comprends bien qu’aujourd’hui beaucoup de nos contemporains ne veulent plus chanter : « Qu’un sang impur abreuve nos sillons ». Personnellement, cela m’est impossible. Je n’ai jamais considéré le sang des autre comme un sang impur... Ces paroles sont scandaleuses. Évidemment, elles ne correspondent pas à l’Évangile.

Encore une fois, il n’est pas question de changer la musique, elle a traversé les siècles. C’est un signe évident de sa qualité. Elle s’enracine dans notre histoire et elle identifie tout de suite la nation française. Nous pouvons espérer l’entendre souvent aux Jeux Olympiques de Pékin !

Mais je pense qu’il serait temps de trouver d’autres paroles. Elles pourraient magnifier les valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité de notre nation. Pour obtenir un texte de valeur, un concours pourrait être proposé non seulement aux poètes ou aux créateurs, mais à tous les citoyens qui refusent un texte pompeux et belliciste. On pourrait l’organiser dans les écoles, les collèges, les lycées ou les universités. Les jeunes, de plus en plus citoyens du monde, trouveraient peut-être les mots d’un avenir où règneraient la justice et la paix ?

Et puisque j’ai commencé ces lignes en évoquant l’Esprit-Saint, je ne peux que lui confier humblement ces propos jetés comme une bouteille à la mer. J’aime les belles liturgies. Elles expriment la foi de l’Église. Dans une cérémonie officielle, un hymne national est emblématique de la mémoire et de la culture d’une nation. Cela peut valoir la peine de mieux les servir.

+Yves PATENÔTRE

 

 

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