Le Téléthon soulève des questions de deux ordres :
- d’une part celles qui ont trait au financement de la santé publique
- d’autre part celles qui sont d’ordre éthique, notamment à travers la nature des programmes de recherches financés.
Pour la première,
Il y a longtemps que des gens ne participent pas au Téléthon
- parce qu’ils estiment que ce n’est pas une quête publique qui doit financer la recherche et que c’est à l’Etat de prendre ses responsabilités en ce domaine
- parce qu’ils n’apprécient pas que l’on ne s’occupe que d’un secteur de recherche, il y en aurait d’autres à propos du cancer, des maladies cardio-vasculaires et respiratoires notamment
- Parce qu’ils ne veulent pas être à la remorque de la création d’un événement médiatique qui devrait s’imposer de soi à tout le monde.
Pour la seconde,
Il est vrai que les questions éthiques sont patentes : Est-il normal de vouloir sauver des vies en en supprimant d’autres ?
Ne vaudrait-il pas mieux orienter la recherche sur les cellules souches adultes (cordon ombilical) qui ont déjà produit d’heureux fruits, plutôt que d’atteindre les cellules souches embryonnaires qui, dans l’éthique de l’Eglise, sont des êtres vivants ?
Je comprends que des donateurs réaffirment que la fin ne justifie pas les moyens.
Ce n’est pas parce que c’est légal que c’est forcément moral.
Ceci dit, l’événement Téléthon a créé un formidable mouvement d’enthousiasme et de solidarité qui a permis de venir en aide à beaucoup de familles touchées par la maladie d’un ou de plusieurs enfants.
Je me rallierai volontiers à la proposition d’un diacre d’Amiens qui est lui-même myopathe et qui a été aidé par cette solidarité (achats de fauteuils roulants, etc...)
Il propose qu’en participant au Téléthon on puisse spécifier son choix avec des numéros affectés. Il y aurait deux numéros de téléphone possible : L’un d’eux certifierait que l’argent donné va bien aux familles et ne participe pas au financement d’une recherche en contradiction avec son éthique personnelle.
Enfin, n’oublions pas qu’il n’y a pas que le Téléthon qui existe et que d’autres associations sont engagées depuis longtemps dans la recherche. Je pense à la fondation Jérôme Lejeune en particulier pour ce qui a trait à la trisomie 21.
En dernière analyse, chacun agit selon sa conscience. Ma responsabilité d’évêque est de l’éclairer mais non pas de choisir à la place des personnes et moins encore d’imposer mes vues à qui que ce soit.
+ Yves Patenôtre
archevêque de Sens-Auxerre
prélat de la Mission de France
Des paroisses de l’Yonne ont participé au Téléthon, entre autres les jeunes de l’aumônerie de Tonnerre, les membres de la paroisse de la Vallée du Serein (voir photos).
Voir aussi le dossier sur le site de la Conférence des évêques de France