Nous ne sommes pas « une religion du Livre ». Les évangiles ne sont pas des récits de sagesse qui nous donneraient à penser ou à méditer. Ils veulent nous inviter à reconnaître et à aimer le visage de ce « Dieu qui a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3,16), à vivre avec Lui, pèlerins d’Emmaüs au cœur de ce monde. Le reconnaissant à la table de l’Eucharistie. C’est dans sa lumière que nous voyons la lumière…
De la même manière qu’une relation humaine est un compagnonnage au jour le jour, la lecture de l’Évangile de Marc nous entraîne dans un compagnonnage avec le Christ. Osons devenir les compagnons de Jésus.
Être chrétien, c’est être témoin du Christ ressuscité. Jésus, nous ne l’avons pas vu. Mais nous croyons qu’il est là, au milieu de nous, jusqu’à la fin du monde. Nous vivons en sa présence. Cette foi ne repose pas sur des textes. Elle se fonde sur le témoignage des premiers témoins. Nous ne sommes pas une religion du livre. Nous croyons ceux qui ont vu le Ressuscité.
“Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui, et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer prêcher” (Mc 3,13-14). C’est exactement cette page d’Évangile que nous allons réaliser en la cathédrale. En fait, c’est le Christ lui-même qui va appeler Romain... Nous voyons un homme répondre à un appel. Nous croyons que c’est le Christ lui-même qui l’ordonne prêtre par le ministère de l’évêque.
(...) Le Christ est Vérité, c’est-à-dire qu’il nous révèle ce à quoi nous sommes appelés, ce qui est notre vocation profonde : nous ouvrir à l’amour de Dieu et à l’amour du prochain, sans réserve. Faire tomber les barrières que les hommes ne cessent d’édifier : les oppositions, les préjugés, les fractures qui marquent notre société. La rencontre du Christ est pour nous invitation à faire nôtre la « posture » du Christ : une disponibilité à la rencontre de tout homme, et une attention à la dignité de toute personne. Edyto d’EDY n°9
... notre vie est comme "barrée" par cette réalité du mal, dont parfois nous n’osons pas parler. C’est cette réalité que le Christ vient affronter en face. Il vient l’affronter à nos côtés, et il nous fait ainsi comprendre que dans ce combat mystérieux, c’est Dieu lui-même qui se fait solidaire de nos existences.
Le carême est bien ce temps de la prière, du jeûne et du partage. Il y a une forme de jeûne qui purifie le regard.
C’est la volonté de chercher le bien plutôt que le mal. Essayez et vous verrez... Ce qui s’appelle vraiment voir ! Cela ouvre à la bienveillance plus qu’à la médisance, à la patience plus qu’au mépris. « Seigneur, fais que je voie » ! J’ai l’impression que le Seigneur nous répond : « Ouvre ton cœur ».
Benoît XVI, un pape théologien, commente les Évangiles d’une manière très pédagogique, et montre comment ces textes fondateurs de notre foi nous donnent à rencontrer la Vérité. Cette Vérité n’est pas une idéologie ni une philosophie. C’est une personne — le Christ — Verbe de Dieu venu habiter notre histoire.
Édyto d’entrée en carême de Mgr Yves Patenôtre à paraître dans Église dans l’Yonne le 12 mars. "Nous entrons en Carême. C’est le moment de nous engager pour un combat spirituel en nous livrant aux forces de l’Esprit. Nous n’avons sans doute pas beaucoup de moyens pour intervenir dans la diplomatie internationale. Mais nous pouvons nous livrer, là où nous sommes, dans la diversité de nos vocations, en partenariat avec d’autres qui ne partagent pas forcément notre foi, au souffle de l’Esprit qui veut faire naître un monde d’amour et de vérité dans l’exigence de la justice et de la paix."
...c’est bien dans le temps ordinaire que nous sommes “attendus”. De même que le peuple d’Israël, dans son exode, après avoir rencontré Dieu sur la montagne du Sinaï, a dû reprendre la route et se confronter à l’ordinaire et à la pénibilité de la vie quotidienne, de la même manière, après avoir “visité” à Noël le cœur de notre foi, il nous est demandé maintenant d’ “habiter” le temps ordinaire.
Dans leur relation avec les autres, et déjà dans leur vie de communauté, ils s’efforcent d’être habités par un grand respect de l’autre. Ce n’est pas la puissance du moi qui écrase tout sur son passage. C’est l’écoute, l’accueil, l’attention, la sympathie, le sourire. « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent » (Ps 84).
Le dialogue œcuménique est une école du respect. Une école du respect dont le pédagogue est le Christ. Ce n’est pas un dialogue facile, car les Églises chrétiennes ont des personnalités théologiques et des organisations institutionnelles différentes. Mais c’est un dialogue où chacun laisse l’autre « être autre », au nom du Christ.